Réchauffement climatique : pourquoi les propos d'une géographe sur BFM ont choqué les climatologues ?

La sécheresse touche le Sud de la France, ici à Saint-Gilles, le 19 mai 2022 (Photo by Nicolas TUCAT / AFP) (AFP)

De nombreux spécialistes ont dénoncé les propos tenus par Sylvie Brunel, la géographe et spécialiste des questions de développement sur BFMTV.

"Le monde tropical, 3,5 milliards de personnes, rigole en nous entendant nous affoler pour ces quelques excès de températures qui certes se multiplient mais c'est quand même le quotidien quand vous vivez à Dakar, Abu Dhabi (...)".

Alors qu'une vague de chaleur frappe la France, battant les records de précocité voire certains records de température dans certaines villes, les propos tenus par Sylvie Brunel, géographe et spécialiste des questions de développement, choquent de nombreux experts de la question, climatologues, politiques et militants écologistes. Dans leur viseur, ses propos qualifiés de climatosceptiques, vis-à-vis de l'urgence climatique.

Elle n'a "plus aucune légitimité scientifique"

Celia Gautier, responsable climat/énergie à la fondation pour la Nature et l'Homme déplore l'audience accordée par BFM à une "personne qui n'a plus aucune légitimité scientifique", qui "est l'une des dernières climatosceptiques, juste pour faire de la controverse et de l'audience n'est plus acceptable dans la crise actuelle".

Le philosophe Pierre Charbonnier, spécialiste de l’environnement, dénonce des propos qui ne "devraient pas être tolérés". "Ces bribes de demi-savoir assénés avec certitude, pour brouiller tous les repères d'un public qui en a besoin, c'est inqualifiable", écrit-il.

Même son de cloche chez la géographe Magali Reghezza, membre du Haut Conseil pour le climat, qui suggère à sa collègue "de lire les excellents résumés des rapports du GIEC ou du HCC et les travaux non moins excellents des sociologues, géographes, anthropologues qui comptent les morts des canicules".

Son nom a été proposé pour entrer au gouvernement

Au-delà des propos qualifiés de climatosceptiques, une autre phrase a marqué les esprits : "Dans l'histoire de l'humanité, les périodes chaudes ont été des périodes où l'agriculture a été favorisée, et que le drame, c'était les périodes froides". Une phrase qui a fait réagir l'agroclimatologue Serge Zaka, qui dénonce des propos "infâmes" alors que les agriculteurs subissent tour-à-tour le gel tardif en avril la sécheresse et la canicule, des évènements liés au réchauffement climatique.

Sylvie Brunel est pointée du doigt par ses collèges pour avoir "basculé" dans le climato-scepticisme depuis plusieurs années. Géographe reconnue, dont les ouvrages sont utilisés pour préparer le CAPES d'histoire-géo par les candidats, elle se distingue en 2019 lorsqu'elle écrit une tribune dans Le Monde intitulée "Le changement climatique n’est pas forcément une mauvaise nouvelle". La même année, elle signe un document envoyé à l'ONU intitulé "Il n'y a pas d'urgence climatique". Selon L'Express, le nom de Sylvie Brunel a même été proposé par François Bayrou à Emmanuel Macron pour entrer au gouvernement.

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