RDC: une proposition de réforme de la Justice provoque des heurts autour du Parlement

Depuis mardi, des militants de l’UDPS manifestent aux abords du Palais du peuple, le siège du Parlement. Des véhicules ont été caillassés. En cause, officiellement, trois propositions de loi soumises par des députés du FCC demandant que le parquet soit soumis maintenant à l’autorité du ministre de la Justice.

Avec notre correspondant à Kinshasa, Patient Ligodi

La situation reste tendue aux alentours du Palais du peuple, siège des deux chambres du Parlement. Circulation perturbée, véhicules caillassés, pneus brûlés, des traces et impacts de cocktails Molotov sont encore visibles sur les murs et à même le sol.

Une dizaine de manifestants ont été interpellés ce mercredi, parmi eux des adolescents et des jeunes filles. Aidée d'un deuxième fourgon, la police a renforcé son dispositif à la mi-journée, bloquant toutes les entrées du Palais du peuple. Et en dépit des gaz lacrymogènes et des tirs de sommation, les manifestants se dispersaient, se réorganisaient, revenaient avant d'être à nouveau chargés par la police.

Bâtiments de personnalités du FCC pris pour cible

Des résidences de personnalités FCC ont aussi été prises pour cible. Un des immeubles appartenant à Emmanuel Ramazani Shadary, ancien candidat à la présidentielle et actuel secrétaire permanent du PPRD, le parti de Joseph Kabila, a ainsi été attaqué. 

Une salle des fêtes située aux alentours du Palais du peuple et appartenant à la femme d’André Kimbuta, ancien gouverneur de Kinshasa et cadre du PPRD, a été également ciblé et des biens ont été emportés. Toujours dans la commune de Lingwala, un immeuble appartenant à un proche, ancien gouverneur et aujourd’hui parlementaire a aussi été pillé.

Climat tendu entre Cach et FCC

Il faut dire que le climat est tendu entre la plateforme FCC de Joseph Kabila et la coalition Cach de Félix Tshisekedi. Deux semaines avant ces événements, Jean-Marc Kabund, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, a été déchu. Il appartient à l’UDPS, donc à Cach. La tension risque d’être grandissante, car ces propositions de loi décriées sont encore au niveau de l’Assemblée nationale et doivent passer au niveau du Sénat.

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