RDC: la promotion de conseillers au rang de ministre ne laisse pas d'inquiéter

En République démocratique du Congo (RDC), la polémique enfle sur l’élévation des assistants, secrétaires particuliers et conseillers du président Félix Tshisekedi au rang de membres du gouvernement.

Le nouveau chef de l’État a pris une ordonnance en ce sens le 23 novembre. Cela inquiète d’autant plus la société civile que Félix Tshisekedi a promis un budget de 10 milliards de dollars, une première en RDC, et une gestion qui mettrait « le peuple d’abord » .

Pour un conseiller de Tshisekedi, qui a désormais rang de ministre, cette ordonnance est une « mesure pour mettre le staff à l’abri de la corruption », un argument qui est loin de convaincre la société civile.  

Valérie Madianga est le chargé de communication de l’Observatoire de la dépense publique (Odep), une ONG spécialisée dans les finances publiques. « Il n'y a aucune raison aujourd'hui, dit-il, d'élever tous ces gens-là au rang de ministre ou de vice-ministre. Nous sommes tous d'accord qu'il faut les épargner au moins de faits de corruption, mais on doit tenir compte aussi du volume de notre budget. Les recettes publiques sont à quelle hauteur ? Nous projetons 10 milliards, nous ne les avons pas. Notre capacité de mobilisation interne est de 4,9 milliards. »

Préoccupé par le volume de la masse salariale, l'Odep recommande « de réduire les trains de vie des institutions pour permettre que cette quotité soit versée aux priorités : l'éducation, la santé. Le budget de la santé aujourd'hui a baissé, passée de 10 à 5%, c'est tombé très bas. »

La société civile reprochait déjà à l’ancien régime de dépenser trop pour le fonctionnement des institutions. Mais quand Joseph Kabila avait 438 membres dans son cabinet, Félix Tshisekedi en aligne 721 dont 54 conseillers spéciaux qui ont donc désormais rang de ministre.

Le gouvernement a connu la même inflation. Il est passé de 59 à 66 membres.