RDC: procès de militants de la Lucha à Beni arrêtés lors d’une manifestation

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Le procès en flagrance de huit militants de la Lucha s'est ouvert lundi devant un tribunal militaire à Beni, dans le Nord-Kivu. Ils avaient été arrêtés samedi dernier alors que le mouvement citoyen avait appelé à manifester contre le renouvellement du mandat de la mission onusienne, Monusco. Selon la police, ils ont délibérément attaqué un commissariat pour se venger de l’interdiction de leur manifestation et ont agressé des policiers. Une version que la Lucha dément.

La police avait interdit la manifestation de samedi au nom des mesures anti-Covid annoncées par le chef de l’État et dispersé les militants de la Lucha à coup de gaz lacrymogène. Mais pour le mouvement citoyen qui promettait de respecter les mesures barrières, c’est une violation des libertés les plus élémentaires.

Pour Stewart Muhindo, l’un de ses militants, cette violation se poursuit avec ce procès. Ses compagnons n’ont jamais attaqué le groupement mobile de la police à Beni : « Dire que les gens se sont immiscés par la force dans les locaux de la police, c’est totalement faux parce que c’est la police elle-même qui a amené des militants dans ses locaux. Nous avons le regret de constater que malheureusement les droits les plus élémentaires de nos camarades sont violés et on espère que le dossier pourra être réattribué à une juridiction civile qui pourra reconnaître l’innocence de nos camarades et les libérer. »

Selon des témoins qui ont assisté à la scène samedi, six militants de la lucha avaient bien été arrêtés au cours de la manifestation et au moins l’un d’entre eux avait été battu par des policiers. Un groupe de manifestants avait alors fait irruption dans le commissariat pour demander la libération de leurs camarades. Ils ont fait tomber le mât où était accroché le drapeau de la RDC, ce que la Lucha attribue à une bousculade. La police a tiré de nouveau des gaz lacrymogènes et a arrêté deux autres militants. Bilan : huit militants poursuivis et une petite dizaine de blessés parmi les manifestants.