RDC: la police disperse la manifestation de l'opposition devant l'Assemblée nationale

La police a dispersé, ce vendredi matin 6 mai, une manifestation de l’opposition et de la société civile devant le Parlement à Kinshasa pour exiger un consensus politique sur les réformes électorales en cours alors que l’Assemblée nationale a déjà déclaré « recevable » une proposition de loi dans ce sens. La manifestation était organisée à l’initiative des forces sociales et politiques, une plateforme appelée « bloc patriotique » regroupant des mouvements citoyens, les organisations des laïcs catholiques et protestants ainsi des partis d'opposition, y compris ceux de la coalition de l’ex-président Joseph Kabila et Lamuka de Martin Fayulu.

Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

La manifestation a commencé peu avant 9 h à quelques encablures du siège du Parlement. Des centaines d’opposants et activistes très déterminés se massent près d’un barrage de la police qui n’a pas hésité à les disperser. Ils étaient tous assis à même le sol face aux forces de l’ordre, afin de marquer le caractère non-violent de leur manifestation. Emmanuel Ramazani Shadary, le chef du PPRD, parti de l’ancien président Joseph Kabila, en faisait partie.

« Notre manifestation a été sévèrement réprimée parce que nous réclamons une Céni consensuelle, une Cour constitutionnelle qui protège tout le monde, nous nous battons contre la dictature, on nous a réprimé, balles réelles, gaz lacrymogènes. Nous allons continuer à exercer une pression parce qu’il faut mettre fin à une dictature qu’on n’a jamais connue dans ce pays. Le problème réel, c’est Félix Tshisekedi qui est le mal patenté de ce pays ».

La police qui avait déjà quadrillé le palais très tôt le matin, a demandé aux manifestants de libérer les lieux. Et face à la résistance de ces derniers, les policiers finissent par charger. Débandade dans les rangs des protestataires, certains sont violemment interpelés, d’autres sont blessés

Le parti déplore une vingtaine de blessés dans ses rangs, dont quelques cas graves. Même chose du côté de la coalition Lamuka où des scènes de violences ont eu lieu entre policiers et militants au siège de l’Ecidé, le parti de Martin Fayulu. Prince Epenge, cadre de ce parti, déplore la situation :

« Regardez comment est – ce qu’on est pris en otage devant le siège de l’Ecidé. On a eu deux blessés graves ici au siège, on ne peut pas les évacuer. La répression sanglante, allez-y voir comment le sang coule, balles réelles, les douilles sont là, qui va réparer ces dégâts ? Mais pourquoi Felix Tshisekedi a peur d’une Céni transparente ? Nous allons continuer la lutte jusqu’à ce qu’on obtienne le consensus ».

Le chef de la police, le commissaire divisionnaire adjoint Sylvano Kasongo, dément les cas de blessures et justifie son intervention par l’inviolabilité du siège du Parlement :

Il n’y a pas eu de répression sanglante. On les a laissés à leur siège, chanter, insulter, etc, mais quand ils ont commencé à barricader la route, caillasser les véhicules des gens, jeter de projectiles, car il y a des policiers qui sont blessés, on devait intervenir, je n’ai pas vu des gens qui sont blessés. Ils veulent faire du buzz, on a utilisé que des armes non létales, c’était au vu et au su de tout le monde.

Les organisateurs entendent programmer de nouvelles manifestations pour exiger de discussions en dehors de l’hémicycle entre parties prenantes au processus électoral. Pendant ce temps, le bureau de l'Assemblée nationale rejette pour le moment toute discussion en dehors du cadre parlementaire et dit attendre des propositions de l’opposition sur le texte en cours d’examen.

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