RDC: le patron de Safricas transféré à la prison de Makala après son arrestation

L’homme d’affaires David Blattner a été transféré ce vendredi 21 février à la prison de Makala. Détenu depuis mercredi, le patron de l’entreprise de BTP Safricas a été entendu dans le cadre des soupçons de détournements de l'argent dédié aux sauts-de-mouton à Kinshasa.

Ces ouvrages d'infrastructures avaient été annoncés par le président Tshisekedi il y a presque un an, dans le cadre de son programme dit des « 100 jours ». Un an après l'annonce, les travaux ne sont toujours pas terminés. Et alors que la présidence était mise en cause sur sa gestion, le chef de l'Etat avait demandé un audit. Cette demande aboutit aujourd'hui à cette première arrestation.

Selon le compte-rendu du conseil des ministres, il s'agit d'une arrestation à des fins d'enquête. Toutes les pièces nécessaires à la manifestation de la vérité n'ont pas été réunies. Le patron de Safricas n'a pas été le seul à être interpelé. Le responsable de Crec 7, une des sociétés chinoises impliquées dans ces travaux, aurait lui aussi été « retenu pendant longtemps » pour son audition, mais a été libéré depuis.

L'objectif de cette enquête, selon le vice-Premier ministre en charge de la Justice, est de répondre à la colère de la population, dépitée par l'absence d'avancées des travaux. Preuve, toujours selon le garde des Sceaux, qu'une nouvelle justice est en train de se mettre en place au Congo.

Dans l'entourage de David Blattner, on dénonce une arrestation sans objet, pour « abus de confiance » et non détournements de fonds public, croit-on savoir. Safricas n'aurait reçu que 40% de l'argent promis par la présidence au 16 octobre, motif de l'arrêt des travaux. Trois millions supplémentaires auraient été débloqués et versés cette semaine, quelques heures avant l'arrestation de David Blattner, ce qui serait loin d'être suffisant.

Pour la société civile, l'enquête doit remonter jusqu'à la présidence et ses responsables doivent aussi être interrogés sur cette gestion. Des réquisitions ont été envoyées, assure le garde des Sceaux, il n'y aura pas justice à deux vitesses, promet-il.