RDC: nouvelle attaque contre un centre de soin Ebola à Butembo, dans l'Est

Le quartier de Kanzuli fait partie des aires de santé les plus touchées. 42 cas ont été recensés dans une période de moins de 21 jours. Et les équipes de la riposte multiplient des séances de recherches des cas notamment auprès des centres de santé locaux.L’alerte vient de tomber. Les investigateurs se mettent en action, direction quartier Kanzuli. Dans ce petit poste de santé, l’infirmier titulaire était là quand cette dame présentant des symptômes de la maladie à virus Ebola était arrivée. « Nous avons d'abord donné les premiers soins, selon les signes et les symptômes qu'elle présentait. »→ Lire aussi : Appel sur l'acrualité [Vos réactions] Ebola: urgence mondialeL’équipe, trois personnes, un médecin sénior, un investigateur et une communicatrice entrent dans la pièce où se trouve la patiente et échangent avec elle. À part la prise en charge médicale, un laborieux travail de recherche va commencer, explique un investigateur. « Comme elle dit que c'est une femme de pasteur, est-ce que pendant cette période, il partait à l'église ou à la prière ? Si les cas sont positifs, on a déjà une idée d'ensemble pour faire des actions de santé. »Face à la méfiance de la communauté vis-à-vis de la riposte, la recherche active auprès de petites structures sanitaires comme celles-ci est parmi les stratégies les plus efficaces pour parvenir aux cas suspects. Cependant toutes les structures ne sont pas si coopératives. « Si l'équipe de la recherche active n'est pas très forte, les cas peuvent faire de quatre à cinq jours. »À cela s’ajoutent des problèmes de formation pour certaines structures sanitaires qui ne suivent pas tout le protocole officiel, au moins cinq parmi elles ont déjà été fermées.→ Lire aussi : Ebola en RDC: démission du ministre de la Santé Oly Ilunga

Dans l'Est de la RDC, une nouvelle attaque a eu lieu ce vendredi avec pour cible le dispositif de riposte contre Ebola. Cela s'est passé au centre hospitalier universitaire de Butembo, où se tenait une réunion de coordination d'équipes travaillant sur la maladie à virus Ebola. Un médecin a été tué. Cette nouvelle agression fragilise le dispositif de lutte contre la maladie dans l'Est de la République démocratique du Congo.

Des hommes -qui avaient dissimulé des armes à feu pour entrer dans l'hopital- ont fait irruption dans la réunion, ont dépouillé les membres de l'assistance et ont tiré à bout portant sur un médecin de l'Organisation mondiale de la santé. Le docteur Richard Valery Mouzoko Kiboung, un épidémioligiste camerounais, est décédé.

Les assaillants ont aussi fait deux blessés dont le pronostic vital n'est pas engagé (un personnel du ministère congolais de la santé et le chauffeur d'une voiture de location qu'utilise l'OMS).

Un bilan communiqué par Michel Yao, coordinateur de l'OMS pour la riposte contre Ebola dans le Nord-Kivu et en Ituri qui, joint par téléphone, dénonce cette attaque meurtrière. « Nous condamnons cet acte et souhaitons vivement qu'il ne reste pas impuni. Nous condamnons toute atteinte contre le personnel de santé... (qui) est là pour sauver des vies et on ne saurait tolérer ces attaques contre le personnel. Mais l’OMS s’engage à continuer. Parce que, abandonner le travail de la lutte contre Ebola, c’est condamner des populations entières. Et nous espérons que les fils et les filles de cette localité vont nous accompagner, dire non à la violence et nous permettre d’avoir accès aux communautés pour pouvoir éliminer cette maladie ».

Une violence qui complique le travail dans les communautés

Cette attaque, qui survient après deux autres attaques récentes contre des centres Ebola, fragilise l'action sur le terrain.

« Ces attaques affectent la riposte» contre la maladie, déplore Michel Yao. Le personnel est « totalement apeuré, choqué ». Cela rend le travail d'autant plus difficile que « Ebola se contrôle avec les communautés. Les investigations se passent dans la communauté. La vaccination, comme le suivi des contacts. Et donc, quand on n’a pas cet accès-là c’est difficile. Les événements de la dernière fois nous ont fait énormément reculer. Nous avons passé trois semaines où les activités étaient menées de façon approximative. Dans Ebola, on doit suivre chacun des cas. Et autour de ces cas-là on doit réaliser toutes les activités. Quand on n’arrive pas à le faire, le contrôle devient difficile ».

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