RDC: le ministère de la Santé publique se penche sur les cas de médecins «fictifs»

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En République démocratique du Congo (RDC), le scandale des listes des médecins fictifs recevant un salaire et une prime de risque éclabousse le ministère de la Santé publique. Ce dernier a lancé, en début de semaine, un appel solennel pour dénoncer ceux qui perçoivent indûment salaire et prime de risque. Près de 500 noms ont déjà été détectés et rendus publics dans la capitale, mais la question reste complexe.

Avec notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

À la demande du ministre de la Santé, l’Inspection générale de la santé (IGS) a ouvert un numéro vert pour dénoncer tout cas de fraude et de perception illicite dans la paie. Dans son communiqué, l’IGS dit garantir la « discrétion totale ». Mais le ministre Eteni Longondo veut aller plus loin.

Il annonce l’audit des fiches de paie qui comporte quelque 12 000 médecins payés à ce jour. Si l’existence des « fictifs » fait polémique dans ce secteur, c’est parce qu’il existe aujourd’hui plus de 6 000 autres médecins qui travaillent depuis de nombreuses années sans toucher ni prime ni salaire.

Manque à gagner

Le problème est cependant plus large et complexe. L’État ne maîtrise pas les vrais effectifs de ses employés en dépit des recensements réguliers. Conséquence : le Trésor public enregistre un manque à gagner considérable. En août dernier, à titre d’exemple, le ministère du Budget affirmait avoir détecté 10 000 cas fictifs sur les listes de paie des enseignants.

Pas plus tard qu'il y a un mois, la police judiciaire ouvrait plusieurs enquêtes sur des paiements illicites d'agents et fonctionnaires de l’État. Selon ces résultats, plus de 130 000 agents fictifs et 43 000 doublons ont bénéficié indûment d'une paie ces neuf dernières années.

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