RDC: manque d’impact positif des actions sociales des entreprises minières sur les communautés

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« Dépenses sociales mais pas assez sociales », c’est le titre du rapport publié, vendredi 5 février, par des ONG de la société civile de la République démocratique du Congo (RDC) avec le soutien du centre Carter. Le rapport souligne le manque d’impact positif sur les communautés des projets sociaux réalisés par les entreprises minières.

Avec notre correspondante à Lubumbashi, Denise Maheho

Difficile pour ces organisations non gouvernementales de la société civile d’avoir l’ensemble des informations chiffrées, mais en recoupant les projets réalisés et les informations données par la population, il ressort que sur 50 projets sociaux, réalisés par les entreprises minières dans quatre grandes régions à l’Est, seul un peu moins de la moitié (49%) ont eu un impact positif sur les communautés. Elles déplorent d’ailleurs ne pas avoir été consultées sur leurs priorités.

RFI s’est penchée sur la province minière du Lualaba.

Selon le rapport, sur 15 projets sociaux dans la province du Lualaba riche en cobalt, la réhabilitation des infrastructures, d’écoles, de ponts ou encore de centres de santé et d’hôpitaux n’ont pas été utiles aux populations locales.

Et pour cause. Les communautés n’ont pas été consultées sur leurs priorités. C’est en tout cas l’avis de Déo Maloba, président de société civile à Fungurume, à 200 Km, de Lubumbashi.

« Plusieurs projets ont été réalisés sans la participation de la communauté. C’est l’entreprise qui décide seule et passe à la réalisation. Il y a plusieurs projets qui ont été mal exécutés et surtout qui n’ont pas tenu compte des priorités de la communauté. Dans le cahier de charges signé par l’entreprise, on a senti, encore une fois, des projets imposés mais la communauté s’est opposée », explique-t-il.

Tuma waku, directeur général adjoint de l’entreprise minière Tenke Fungurume Mining, affirme que son entreprise a négocié pendant cinq mois avec les représentants de la communauté locale. Coût total: plus de 31 millions des dollars convenus pour la période 2021-2025.

Pourtant, pour la société civile de Fungurume, la priorité aurait dû porter notamment sur la réhabilitation des routes de dessertes agricoles pour faciliter le transport des produits alimentaires et sur la construction d’un hôpital de proximité, une déception largement relayée dans le rapport des ONG.

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