RDC: après 11 ans d’interruption, reprise du dialogue politique entre Kinshasa et l’UE

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Le dialogue politique entre la RDC et l’Union européenne s’est achevé mardi. Pendant deux jours, une dizaine de ministres et l’ambassadeur de l’Union européenne et ses équipes ont eu l’occasion d’aborder tous les sujets communs de préoccupation. Des discussions ouvertes et franches, disent les deux parties.

L’organisation d’un dialogue annuel est l’une des dispositions de l’accord de Cotonou, mais au Congo, il ne s’était pas tenu depuis 2009. À noter que la RDC s’est plaint de ne pas voir appliquer la directive de l’Union européenne relative à la mise sous sanctions d’entreprises achetant des minerais dans les zones de conflits, dont la RDC. Adoptée en 2017, il y a eu un moratoire appliqué jusqu’en 2021.

Pour la RDC, il est le temps de revoir le paradigme de l’aide. Le vice Premier-ministre du Budget l’a demandé dès son discours d’ouverture. Kinshasa veut de l’appui budgétaire et une coopération dont la gestion est moins centralisée, directement aux ministères ou aux provinces, mais aussi moins conditionnée.

Les ministres ont aussi plaidé pour plus d’investissements européens. Les diplomates européens, pour une amélioration du climat des affaires, tout en profitant pour insister sur l’importance pour l’UE de voir les discussions avec le FMI aboutir.

Plusieurs divergences entre les parties

L’UE a également soulevé la question des violations des droits de l’homme, dont près de la moitié reste attribuables aux agents de l’État, mais a aussi pointé l’importance de penser à la justice avant la réinsertion des membres des groupes armés.

Sur le plan politique, les diplomates européens ont insisté sur l’importance de rester inclusif et de bâtir un consensus, notamment sur les discussions liées aux réformes électorales, alors que la délégation du gouvernement, largement dominée par le FCC, insistait, elle, sur le respect du cadre institutionnel.

L’une des principales pommes de discorde est restée la question des sanctions contre une dizaine de personnalités congolaises. Les discussions sur leur renouvellement sont en cours à Bruxelles. Mais Kinshasa insiste pour être consulté en s’appuyant sur l’accord de Cotonou quand les diplomates européens, eux, rappellent qu’il s’agit d’une question de souveraineté.