RDC: l’informateur attendu au palais de la Nation

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Les partisans de l’Union sacrée ont démis le gouvernement du pro-Kabila Sylvestre Ilunga, mais sa coalition ne reconnaît pas la légalité de cette procédure. Pendant ce temps, l’informateur nommé par le président Tshisekedi va lui remettre son rapport qui doit contenir des recommandations pour la formation du gouvernement de l’Union sacrée. L’ancien ministre et ex-partisan de Joseph kabila, Modeste Bahati Lukwebo a rendez-vous au palais de la Nation.

Modeste Bahati Lukwebo avait été désigné informateur le 1er janvier et avait un mois pour remplir sa mission, à savoir d’identifier la majorité issue de l’Union sacrée et ses équilibres en vue de former le gouvernement. Il a consulté pendant plusieurs jours, reçu des listes d’adhésion à l’Union sacrée et des mémos de revendication et il semble donc avoir fini sa mission avant même la date limite, ce qui est assez inhabituel en RDC pour ce genre d’exercice, le partage de postes.

L'adhésion de deux poids lourds

Ce qui semble avoir débloqué la situation pour Modeste Bahati Lukwebo, c’est l’adhésion hier de deux poids lourds de l’opposition. L’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba et l’ex-gouverneur du Katanga, Moîse Katumbi ont fini par officiellement rejoindre l’Union sacrée. Ils demandaient beaucoup de garanties, reconnait un proche du président Tshisekedi. À la fois en terme de postes, Assemblée nationale, gouvernement, mais aussi en terme de fonctionnement de l’Union sacrée et du processus électoral à venir, affirment plusieurs sources.

La formation du gouvernement de l’Union sacrée semble donc en bonne voie, si ce n’est que Sylvestre Ilunga n’est pas près de démissionner. Dans sa famille politique, le FCC, on l’explique en disant que le Premier ministre est toujours en fonction, malgré le vote écrasant hier au palais du peuple. Il est en fonction, car toute la procédure de destitution de son gouvernement serait illégale, la coalition pro-kabila ne reconnaissant pas au bureau provisoire l’habilitation de mener ce type de procédure. Ce mercredi, le président du bureau provisoire avait abordé cette question et affirmé que c’était la plénière de l’Assemblée qui était habilitée et non un bureau, provisoire ou non.

Démission avant ce soir ?

Au titre de la Constitution, le chef du gouvernement a pourtant jusqu’à ce soir pour remettre sa démission au président Tshisekedi. Il doit, en effet, être déposé dans les 24h après la motion de censure.