RDC: l’homme d’affaires israélien Dan Gertler a précisé son offre pour le secteur minier

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L’année dernière, ce proche de Joseph Kabila avait créé un tollé en se disant congolais et en promettant à la population de profiter enfin des richesses minières de son pays. Lui qui est accusé, notamment par la justice américaine, d’avoir corrompu des hauts responsables congolais pour bénéficier des concessions minières à faible coût. Son offre s’appelle Yabiso, « C’est à nous » en lingala, et provoque à nouveau la polémique.

L’Israélien Dan Gertler propose aux Congolais d’investir entre 50 et 10 000 euros dans Yabiso qui devrait bénéficier de 30% de la redevance minière du mégaprojet minier de Kolwezi, Metalkol. L’une des rares ONG à soutenir ce projet, c’est l’Association Congolaise pour l'accès à la justice (Acaj).

« Après son analyse, nous avons constaté qu’il cadre parfaitement avec l’esprit et la lettre de l’article 71 bis du code minier qui impose à toutes les entreprises minières de devoir réserver 10% de leur capital social aux personnes physiques de nationalité congolaise », explique le coordonnateur de l’Acaj, maître Georges Kapiamba.

Pour la plateforme, Le Congo n’est pas à vendre, Dan Gertler a obtenu cette part de royalties de Metalkol qui appartenaient à la Gécamines, la société minière d’État, grâce à la corruption et le peuple congolais ne devrait pas payer pour bénéficier de ces richesses.

Jean-Claude Mputu est le porte-parole de cette plateforme : « Non, Yabiso n’est pas pour nous, Yabiso, c’est pour les voleurs. Les autorités congolaises ne devraient pas autoriser ce projet, mais plutôt enquêter sur les affaires de Dan Gertler, sinon elles risquent d’être considérées aussi comme des complices. »

Les ONG anticorruption sont d’autant plus en colère contre ce projet que Dan Gertler assure avoir payé 83 millions de dollars à la Gécamines pour ces royalties quand le contrat signé avec la société minière d’État ne parle que 55 millions. L’homme d’affaires israélien réclame également des euros et se dit même prêt à les prêter aux investisseurs potentiels à taux zéro et pour cinq ans, alors qu’il est sous sanctions américaines et ne peut plus faire de transactions en dollars.