RDC: deux hauts fonctionnaires de l’enseignement poursuivis pour détournements de fonds

·2 min de lecture

C'est un nouvel épisode judiciaire en République démocratique du Congo (RDC). Cette fois-ci, l'affaire de détournements présumés des fonds touche le secteur de l’enseignement. Deux hauts fonctionnaires du ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) sont poursuivis devant la cour d’appel de Kinshasa – Gombe siégeant en chambre foraine dans l’enceinte de la prison de Makala à Kinshasa.

De notre correspondant à Kinshasa, Pascal Mulegwa

Le procès a démarré hier avec une première audience retransmise à la télévision publique tout au long de la journée. L'affaire montre davantage des faiblesses dans le contrôle et la gestion des finances publiques.

Le parquet s’est appuyé sur le rapport de l’inspection générale des finances qui mettait en cause une dizaine de personnes mais seuls Michel Djamba, inspecteur général de l’EPST et Delon Kampay le directeur du Service de contrôle et de la paie des enseignants (SECOPE), ont été inculpés et placés en détention depuis janvier au Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa (CPRK, aussi appelée prison centrale de Makala).

Selon l’accusation, les sommes qui auraient été détournées par Michel Djamba, le patron des inspecteurs de l’enseignement public, sont colossales. Plus de 10 millions USD dont plus de la moitié par des retraits « irréguliers » et sans pièces justificatives. Mais devant les juges, l’accusé a rejeté en bloc ces accusations. Il a affirmé détenir toutes les preuves.

Il s’est défendu alléguant notamment que certaines dépenses étaient faites pour je cite « sauver l’honneur du pays », notamment pour l’organisation de l’examen d’État en pleine période de Covid-19 l’an dernier. Pour ses avocats, les enquêtes de l’IGF à la base des poursuites n’ont pas pris en compte les explications de leur client.

Les syndicats d’enseignants partie civile

L’autre prévenu, le patron de la paie des enseignants, Delon Kampay, est quant à lui poursuivi pour un détournement de plus de 6 millions de dollars de frais de fonctionnement de son service pour les deux premiers trimestres de l’an dernier. À l’ouverture de l’instruction, les juges ne se sont pas penchés sur son cas. Le prévenu a évoqué des raisons de santé.

Les deux prévenus ont adressé une demande de liberté provisoire. Les audiences reprendront mardi, mais pour les syndicats d’enseignants constitués partie civile avec l’État, ce procès n'est qu'un début. Ils disent attendre que la justice se penche sur le financement de la gratuité de l’enseignement primaire.

La banque mondiale a suspendu un financement de 100 millions de dollars destinés à ce programme gouvernemental après des révélations de fraudes soit par des listes gonflées d’enseignants fictifs dans des écoles inexistantes ou alors de fausses factures, ainsi que des détournements présumés de plus de 30 millions de dollars.