RDC: comment la coalition de Lamuka s'est déchirée

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Alors que l’affichage des listes des candidats à l’élection du bureau définitif de l’Assemblée est attendu en RDC, l’émergence de l’Union sacrée comme nouvelle majorité continue de provoquer des remous au sein de la classe politique. Cela semble même avoir fait voler en éclat la principale coalition de l’opposition au moment des élections de 2018, Lamuka.

Avec notre correspondante à Kinshasa, Sonia Rolley

Depuis l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, les divergences entre les leaders de Lamuka se sont multipliées. D’abord entre l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, et l’ex-candidat à la présidentielle, Martin Fayulu… Le premier avait obtenu de Félix Tshisekedi son retour d’exil et prônait une opposition républicaine ; le second continuait de réclamer la vérité des urnes et le boycott des institutions.

Quand Félix Tshisekedi annonce ses consultations, fin octobre, Moïse Katumbi informe ses partenaires au sein de la coalition Lamuka de sa participation et de son arrivée à Kinshasa. Mais le premier à rencontrer le chef de l’État, c’est l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba, qui surprend plus d’un de ses camarades.

Au final, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba adhèrent à l’Union sacrée quand les deux autres leaders de Lamuka restent dans l’opposition. Dans les camps de Martin Fayulu et Adolphe Muzito, on veut un dialogue sur un pied d’égalité. Les deux hommes ne reconnaissent pas l’élection de Félix Tshisekedi et redoutent toujours la persistance d’un accord secret avec Joseph Kabila. Alors que pour les partisans de Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, il faut avant tout finir de déboulonner le système Kabila et ne participer à la gestion qu’en fonction des garanties apportées par le chef de l’Etat.

Dans un communiqué cette semaine, Martin Fayulu, coordonnateur de la coalition Lamuka, a indiqué avoir plusieurs fois tenté d'organiser des réunions avec Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, en vain. Et il leur demande de tirer toutes les conséquences de leur choix de rejoindre l'Union sacrée.