RDC : une chaire de philosophie à l'hôpital de Panzi du docteur Mukwege

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« La capitale du viol ». L’Est de la RDC a été tristement surnommée ainsi à cause des nombreuses violences sexuelles infligées aux civils au cours des différentes vagues de conflit. À Bukavu, les victimes sont notamment traitées à l’hôpital de Panzi du célèbre docteur Mukwege. La philosophe et psychanalyste française Cynthia Fleury est venue inaugurer, en partenariat avec le prix Nobel de la paix, une chaire de philosophie « humanités et santé » à l’hôpital de Panzi. Une chaire qui vise à étudier notamment les méthodes développées pour prendre en charge les femmes victimes de violences sexuelles. La conférence inaugurale s’est déroulée à l’université de Bukavu dans un amphithéâtre rempli.

Janneth et Judith sont venues assister à la conférence inaugurale. Toutes deux encore étudiantes, elles se préparent déjà à prendre en charge des victimes de violences sexuelles. « Ça nous intéresse. Étant des futurs assistants sociaux et travailleurs sociaux, cela nous donne de la matière sur la guérison du traumatisme et de la santé mentale. Nous nous intéressons beaucoup plus à la résilience vulnérable et des victimes de violences sexuelles. C’est pour cela que nous sommes beaucoup intéressées par cela. »

Une chaire qui va se matérialiser notamment par les travaux de chercheurs sur les méthodes utilisées par Panzi afin d’en tirer des protocoles, explique Cynthia Fleury. « C’est un enjeu clé pour l'Afrique, pour la réplication, pour la Centrafrique, pour d’autres endroits. Mais c’est un enjeu clé pour le monde. Je crois très clairement qu’ici s’invente véritablement des protocoles de résilience au sens très très large. Et ici nous apprenons de vous, ensemble. Et c’est ça aussi que nous venons chercher, indépendamment de bien évidemment de tout ce qui va se constituer pour Panzi et à destination du Sud-Kivu. »

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Une chaire financée et soutenue par l’Agence française de développement. « On sait bien sûr qu’on a ici un lieu absolument unique, un lieu absolument crucial, souligne Rémy Rioux, le directeur de l’AFD. C’est un endroit où se joue une partie de l’avenir de l’Afrique, évidemment, où se joue une partie de l’avenir du monde ; Et une partie probablement de notre humanité et même du vivant si on va au-delà même de la personne humaine. On pense qu’il y a un moment ici dans cette région des Grands Lacs pour agir. On a le sentiment, mais sous votre contrôle, Docteur, que c’est le moment de mettre des forces derrière le vivant, derrière ceux qui se battent pour la vie avec tant de force. »

Les premiers doctorants sont attendus à Bukavu dès septembre.

La thérapie par l’art

Le docteur Mukwege travaille depuis plus de 20 ans aux côtés des femmes victimes de violences sexuelles dans l’Est de la RDC. Plus de 55 000 femmes violées ont été soignées à l’hôpital de Panzi. Ici, le docteur Mukwege et ses équipes appliquent une démarche particulière, le modèle holistique. C’est-à-dire une prise en charge globale des survivantes : une prise en charge physique, mais aussi psychologique, socio-économique et judiciaire.

Et parmi les soins apportés, la thérapie par l’art. Cependant, cette démarche reste très empirique et le prix Nobel de la paix souhaite voir sa méthode être étudiée. Le docteur Mukwege revient sur sa première rencontre avec Cynthia Fleury en France et la démarche qui les a conduits à la création de cette chaire.

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