RDC: un calme précaire à Pinga, au Nord-Kivu, toujours sous la menace du groupe armé NDC-R

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La cité de Pinga, au Nord-Kivu, a été en juillet et août 2020 le théâtre d’affrontements entre deux factions du groupe armé Nduma Defense of Congo-Rénové (NDC-R) dirigées respectivement par Guidon Shimiray et Gilbert Bwira. La situation s’est calmée. Il y a moins d’attaques de grande envergure qui vise la ville, mais l’insécurité est toujours présente.

Avec notre envoyé spécial à Pinga, Patient Ligodi

Un calme précaire est observé à Pinga. Les habitants qui avaient fui les affrontements sont de retour. L’armée, la police et les autorités locales s’en réjouissent, mais la situation aux alentours de la cité du Nord-Kivu reste inquiétante. Des hommes armés sévissent toujours. Conséquences, des milliers de personnes habitant dans les villages de la zone se rapprochent davantage de Pinga où se trouve une base de la mission de l’ONU déployée dans le pays, la Monusco.

Parmi ces déplacés, il y a Pierre, un habitant de la région, qui témoigne : « Si tu te rapproche de Basirua, tu vas trouver des miliciens fidèles à Gilbert Bwira. À environ cinq kilomètres de la cité de Pinga, il y a des combattants de l’APCLS (Alliance des patriotes pour un Congo libre et souverain, une milice maï-maï, NDLR). Un peu plus loin, il y a aussi les miliciens qui sont sous les ordres de Guidon Shimiray. Il n’y a pas la paix. »

Guidon Shimiray traqué

Parmi, les auteurs de cette insécurité, il y a donc les hommes de Guidon Shimiray, qui est à la tête d’une aile du Nduma Defense of Congo-Rénové (NDC-R). Ce chef milicien qui bénéficiait autrefois des largesses de certaines officiers de l’armée, selon plusieurs enquêtes, est aujourd’hui traqué. Il est depuis 2018 la cible des sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies. Un mandat d’arrêt de la Cour militaire opérationnelle du Nord-Kivu a même été émis contre lui.

Carly Nzanzu Kasivita, gouverneur du Nord-Kivu, réaffirme la détermination des autorités : « Nous le recherchons. Et dès qu’une source, que ce soit les FARDC, la police, même des civils, pourra nous donner des informations pour savoir où il se cache, nous allons effectivement l’arrêter. »

Entretemps, les alentours de Pinga restent toujours une zone dangereuse pour ses habitants.