RDC: après le massacre de 53 personnes, comment rétablir la sécurité en Ituri?

Les miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo ont tué 15 personnes lundi 9 mai dans un camp de déplacés. La veille, une autre attaque de la Codeco avait déjà fait 38 morts dans cette province. Voilà un an que l'état de siège a été décrété dans deux États congolais sans parvenir à endiguer les exactions.

La province de l’Ituri est de nouveau endeuillée par la Codeco. Ce mouvement armé de la région, qui prétend défendre les membres de la communauté Lendu, est responsable d'un nombre croissant d'exactions ces derniers mois. En 24 heures, ses miliciens ont frappé deux fois dans la province.

Une première, dimanche soir dans une mine d’or artisanale à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bunia. Au moins 38 civils, dont des femmes et des enfants, ont été tués, certains brûlés vifs dans leurs maisons. Selon un porte-parole de l’armée, il y aurait eu un affrontement entre la Codeco et une autre milice pour le contrôle de cette mine.

La deuxième attaque a eu lieu lundi soir sur un camp de déplacés à Loda, également dans le territoire de Djugu. Au moins 15 personnes ont été tuées, dont une majorité d’enfants, par une faction de la Codeco.

Un an d'état de siège

La société civile de l’Ituri dénonce une violence insupportable, d’autant plus qu’elle est quasiment quotidienne dans cette région où plusieurs dizaines de groupes armés rivalisent pour le contrôle des ressources naturelles.

Ces attaques se sont déroulées alors que le 6 mai marquait la première année de l'état de siège, instauré dans les provinces d’Ituri et du Nord Kivu, censé mettre un terme aux massacres de civils dans la région. Une mesure exceptionnelle, donnant à l’armée et à la police les pleins pouvoirs pour mener la guerre contre ces groupes armés. Mais un an plus tard, cette stratégie militaire ne semble pas avoir porté ces fruits, explique le chercheur Reagan Miviri de l’Institut congolais de recherche.

Amnesty International dénonce l'État de siège dans l'est du pays

Dans un rapport dévoilé mardi 10 mai à Kinshasa, l’organisation de défense des droits de l’homme affirme que cette mesure sécuritaire spéciale instaurée par les autorités dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri depuis mai 2021, est « utilisée pour écraser la dissidence ». Amnesty dénonce les arrestations arbitraires de dizaines de personnes qui ont critiqué l’état de siège et demande la levée des restrictions abusives. .

Sollicités par RFI, ni le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya ni le porte-parole du gouvernorat militaire de Goma n'ont souhaité commenter ce rapport pour le moment. La semaine dernière, le porte-parole du gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général Ekenge, estimait cependant sur notre antenne que l'armée était « sur la bonne voie » et qu'il y avait « moins d'atrocités aujourd'hui qu'avant l'état de siège ».

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