RDC: à Goma, un programme d’aide aux sinistrés de l’éruption du Nyiragongo 100% en bitcoin

Il y a un an, dans l’est de la RDC, le volcan Nyiragongo, entrait en éruption. La lave a dévasté une partie de la périphérie de Goma. Au total, 32 personnes sont décédées et plus de 3 500 habitations ont été englouties par le magma. Quelques jours après cette catastrophe, quatre jeunes, originaires de Goma, ont lancé une collecte de dons en bitcoin. Et désormais, ils vont lancer dans les prochaines semaines, leur première opération humanitaire à destination des sinistrés.

Avec notre correspondante à Goma, Coralie Pierret

L’initiative s’appelle Kivéclair : Kiv pour Kivu, puisque Goma se trouve dans la région du lac Kivu et éclair pour « lightning » en anglais. Le réseau lightning, c’est ce qui permet de réaliser des transactions dans la cryptomonnaie qu’est le bitcoin. Cette initiative a déjà récolté l’équivalent de près de 20 000 dollars en don, uniquement via internet. L’objectif est d’apporter une aide d’urgence aux personnes dans le besoin, et notamment aux sinistrés de l’éruption de mai 2021.

Il y a déjà eu une première distribution pour tester le dispositif. La seconde distribution qui touchera cette fois une cinquantaine de personnes commencera dans quelques jours. Mais ce n’est pas une simple distribution de cash puisque l’objectif est de développer le bitcoin à Goma.

Les bénéficiaires ont reçu un smartphone qui permet l’installation d’un portefeuille bitcoin puisque l’indemnisation se fait en satoshis, la plus petite unité de bitcoin. Et l’aventure ne s’arrête pas là puisque les sinistrés reçoivent aussi une formation sur le bitcoin à chaque versement, deux fois par mois.

Économie circulaire

Pour que ces formations et ces versements en satoshis fonctionnent, les fondateurs de Kivéclair ont justement convaincu des commerçants d’accepter le paiement en bitcoin. « Il y a aujourd’hui une dizaine de boutiques de première nécessité à Goma qui acceptent ce mode de paiement », explique Gloire Wanzavalere l’un des fondateurs de Kivéclair. « L’idée est de le vulgariser et à terme de créer une économie circulaire », poursuit-il.

C’est d’ailleurs l’objectif de l’étape 2 de leur projet. Ils veulent établir une « bitcoin beach » comme au Salvador ou le village de El Zonte a créé un écosystème économique durable basé sur la monnaie électronique.

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Le bitcoin commence justement à prendre de l’ampleur dans la région de Goma. Même l'une des plus grandes réserves naturelles de la République démocratique du Congo, le parc national des Virunga, s’y est mis. Elle accepte depuis l’année dernière les dons en cryptomonnaie. C’est un parc en danger où les animaux et les ressources sont menacés par le braconnage, mais aussi par les guerres et les conflits successifs de l’est de la RDC puisque les groupes armés utilisent ce parc comme base arrière. Alors les aides mobilisées en cryptomonnaie ont permis notamment de démonter 1 260 pièges d’animaux, et de réaliser 24 000 kilomètres de surveillance aérienne ou encore 65 000 kilomètres de patrouille en pied.

Mais ce n’est pas tout, le parc des Virunga pourrait même gagner de l’argent via et grâce au bitcoin. Dans le cadre de son programme de développement, le parc a lancé un vaste plan de construction de centrales hydroélectriques. Virunga Energie, la compagnie qui exploite les centrales, a décidé d’expérimenter le mining de bitcoin afin de ne pas perdre ces excédents. Le mining étant une manière d’investir dans le bitcoin et les cryptomonnaies.

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