RD Congo : les rebelles rwandais nient avoir mené l’attaque qui a tué l’ambassadeur d’Italie

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Au lendemain de l'attaque qui a coûté la vie à l'ambassadeur d'Italie en République démocratique du Congo, les rebelles hutus rwandais, accusés par Kinshasa, ont nié mardi leur implication et pointé du doigt les armées congolaise et rwandaise.

Accusés, ils nient leur participation. Au lendemain de l’attaque qui a coûté la vie à l’ambassadeur italien en République démocratique du Congo (RD Congo), les rebelles hutus rwandais ont nié, mardi 23 février, leur implication dans l’incident de lundi et ont pointé du doigt les armées congolaise et rwandaise. Le président de la RD Congo, Félix Tshisekedi, avait accusé ces groupes armés présents dans la région instable du Nord-Kivu.

Luca Attanasio, 43 ans, est décédé après avoir été blessé par balles lorsque le convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) dans lequel il circulait a été pris dans une embuscade dans la province du Nord-Kivu, près de la frontière avec le Rwanda. Son garde du corps italien et un chauffeur congolais du PAM ont aussi été tués. Les dépouilles des deux Italiens ont été rapatriées à Rome mardi soir.

Le Nord-Kivu est considérée comme l'une des zones les plus dangereuses de RD Congo, à la lisière du parc national des Virunga. Mais selon des responsables humanitaires, la route sur laquelle circulait le convoi ne nécessitait pas d'escorte.

Les autorités congolaises ont accusé, lundi, les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) d'être responsables de l'attaque. Celle-ci a été qualifiée de "terroriste" par le président congolais Félix Tshisekedi.

Mais dans un communiqué parvenu, mardi, à l'AFP, les FDLR ont nié leur implication : ils "demandent aux autorités congolaises et à la Monusco (Mission de l'ONU en RD Congo, NDLR) de faire toute la lumière sur les responsabilités de cet ignoble assassinat au lieu de recourir à des accusations hâtives".

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Les rebelles rwandais affirment que "le convoi de l'ambassadeur a été attaqué dans une zone dite des ‘trois antennes’, près de Goma sur la frontière avec le Rwanda non loin d'une position des FARDC (Forces armées de la RD Congo) et des (...) Forces rwandaises de Défense (armée rwandaise)".

"Les responsabilités de cet ignoble assassinat est (sic) à rechercher dans les rangs de ces deux armées", accusent les rebelles.

Des frontières pas étanches

Les FDLR, créées au début des années 2000 pour lutter contre le régime de Kigali, sont l'un des nombreux redoutables groupes armés qui menacent au quotidien les civils dans l'est du pays. Certains des fondateurs des FDLR ont participé au génocide des Tutsis en avril-juillet 1994 au Rwanda, avant de se réfugier dans l'est de la RD Congo, déstabilisant durablement la région.

L'attaque du convoi dans lequel circulait l'ambassadeur d'Italie a eu lieu sur la route nationale 2 qui longe de très près la frontière rwandaise, dans une zone de forêt dense et montagneuse, où les frontières ne sont pas étanches.

Les autorités congolaises et rwandaises nient systématiquement toute présence de troupes rwandaises sur le territoire de la RD Congo.

Avec AFP