RD Congo : plusieurs morts lors de manifestations contre la mission de sécurité de l'ONU

© Michel Lunanga, AFP

Dans l'est de la RD Congo, au moins cinq personnes ont été tuées, mardi, à Goma, lors de manifestations contre la mission de l'ONU dans le pays, a rapporté le gouvernement. Les Casques bleus sont accusés par les manifestants de ne pas assurer leur sécurité face aux groupes armés et de ne pas assez défendre les intérêts de la population.

Au moins cinq personnes ont été tuées à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, au deuxième jour de manifestations contre la mission des Nations unies, accusée d'inefficacité dans sa lutte contre les groupes armés, a-t-on appris de source officielle.

"Au moins cinq morts, une cinquantaine de blessés", a écrit sur Twitter Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement, promettant de revenir dans une conférence de presse conjointe avec le chef adjoint de la Mission de l'ONU "sur le bilan humain, matériel ainsi que les conséquences à tirer" de ces manifestations.

Tôt le matin, des centaines de manifestants ont envahi les abords de la base logistique de la Monusco et ont attaqué le camp de transit de la mission situé hors du centre ville de Goma, capitale de la province troublée du Nord-Kivu.

"Nous ne voulons plus de la Monusco"

"Nous ne voulons plus de la Monusco", "bye bye Monusco", affirmaient des affiches de cette "campagne" anti-mission onusienne en RD Congo. Les forces de sécurité congolaises contenaient la foule aux abords de la base logistique.

"Nous confirmons avoir reçu 28 blessés par balles hier et ce matin nous venons de recevoir 8 blessés par balles. Certains sont dans un état critique. Mais nous n'avons pas encore enregistré de mort chez nous", a déclaré à l'AFP Serge Kilumbiro, chargé de l'administration de l'hôpital CBCA Ndosho.

À Beni, ville située à 350 km au nord de Goma dans le Nord-Kivu, à l'est du pays, les activités étaient paralysées par des manifestants anti-Monusco.Dans plusieurs quartiers, des pneus sont brûlés. Des stations services sont fermées ainsi que les magasins et marchés. Des militaires sont déployés sur la route nationale n° 4 qui conduit vers la base locale de la Monusco dans la ville.

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Trois Casques bleus et sept manifestants tués à Butembo

À Butembo, troisième ville et important carrefour commercial du Nord-Kivu, trois membres de la Monusco et sept manifestants ont été tués, au deuxième jour de manifestations anti-Casques bleus, a-t-on appris du chef de la police urbaine.

Le bilan provisoire est de "trois morts parmi les membres de la Monusco, deux Indiens et un Marocain, et un blessé" et du "côté manifestants, sept morts et plusieurs blessés" ont été enregistrés, a déclaré à l'AFP le colonel Paul Ngoma, chef de la police de Butembo.

Le QG de la Monusco pris d'assaut lundi

Lundi, des centaines de manifestants avaient pris d'assaut le quartier général de la Monusco à Goma et sa base logistique en exigeant le départ des Casques bleus de la RDC.

Ces manifestants ont ensuite cassé des vitres, des murs et pillé des ordinateurs, des chaises, des tables et des objets de valeur.

"La Monusco dénonce vigoureusement l'attaque de ses locaux à Goma, dans le Nord-Kivu, perpétrée par un groupe de pilleurs en marge d'une manifestation qui, de surcroît, a été interdite par le maire de la ville de Goma", avait alors écrit la mission dans un communiqué.

Le gouvernement congolais avait aussi condamné "toute forme d'attaque contre le personnel et les installations des Nations unies", selon Patrick Muyaya, en promettant que "les responsables seront poursuivis et sévèrement sanctionnés".

Présente en RD Congo depuis 1999, la Monuc (Mission de l'ONU au Congo) qui est devenue la Monusco (Mission de l'ONU pour la stabilisation en RD Congo) en 2010, compte actuellement plus 14 000 soldats de la paix.

Avec AFP

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