RD Congo : nouvel attentat à Beni, où les habitants vivent "la peur au ventre"

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Samedi 25 décembre, les festivités de Noël ont tourné au bain de sang à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo : un kamikaze a tué au moins six personnes en se faisant exploser à l’entrée d’un restaurant en début de soirée. Les autorités accusent les rebelles du groupe islamique Forces démocratiques alliées (ADF), lié au groupe État islamique (EI), d’avoir commandité cet attentat. Notre Observateur décrit un climat de peur dans cette ville, déjà meurtrie par des attaques similaires l’été dernier.

L’attaque est survenue à l’entrée du restaurant In Box, situé sur l’une des artères principales de Beni, l’avenue de Nyamwisi, très fréquentée par les familles en cette période de fin d’année. Empêché par les vigiles d’entrer dans le restaurant bondé de clients, le kamikaze a activé sa bombe, faisant huit morts et vingt blessés.

Des images relayées sur les réseaux sociaux montrent des corps déchiquetés et des chaises renversées. "Parmi les blessés se trouvent les deux bourgmestres adjoints des communes de Mulekera et de Ruwenzori", rapporte l’AFP citant une source locale.

Notre Observateur Salva Ndulani, militant de la société civile à Beni, se trouvait au restaurant Ishango, non loin du lieu de l’attaque, au moment de l’explosion.

Je faisais la fête avec des amis au restaurant Ishango, tout près, quand l’explosion a eu lieu. Je me suis précipité vers le bar In Box, mais je ne me suis pas trop approché. J’ai malheureusement appris le décès de deux amis à moi avec leur famille. L’un d’eux était capitaine dans l’armée.

Scène de panique au restaurant Ishango à Beni, à quelques dizaines de mètres du restaurant In Box, où a eu lieu l'explosion, samedi 25 décembre. Twitter / @STEPHENSALAMA

La peur des attaques ne cesse de grandir au sein de la population, car depuis cet été, les terroristes ont changé de mode opératoire. On était habitués aux attaques à la machette, mais maintenant ils posent des bombes.

Ce dimanche, beaucoup de gens ne se sont pas rendus à l’église, par crainte d’un attentat. Depuis cet été, il y a déjà eu des attentats contre des églises, des écoles, des marchés. Donc nous vivons la peur au ventre, la situation est devenue très compliquée.

Après une double attaque à la bombe fin juin, les autorités locales ont instauré un couvre-feu à partir de 22 heures. Mais après l’attaque de samedi, il a été ramené à 19 heures.

Le Nord-Kivu et l’Ituri sont depuis début mai sous état de siège, une mesure exceptionnelle qui a donné les pleins pouvoirs aux militaires. Contacté par la rédaction des Observateurs, le porte-parole des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à Beni a annoncé une "multiplication des barrières et postes de contrôle, ainsi que des patrouilles diurnes et nocturnes de l’armée" à Beni.

-> Lire sur les Observateurs : Après la revendication d’une attaque près de Béni, que sait-on du groupe État islamique en RD Congo ?

Depuis le 30 novembre, les armées congolaise et ougandaise mènent des opérations militaires conjointes contre des positions des Forces démocratiques alliées (ADF) dans le Nord-Kivu et l’Ituri. Groupe rebelle d’origine ougandaise affilié à l’EI, les ADF ont mené plusieurs centaines d’attaques dans la région de Beni depuis 2014, et sont aussi accusés par Kampala d’être responsables d’attentats perpétrés le 23 octobre sur son sol.

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