Volcan Nyiragongo en RD Congo : 400 000 déplacés, craintes d'une nouvelle éruption

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Le président rwandais Paul Kagame, "très préoccupé" par la situation du volcan Nyiragongo dans le pays voisin de la République démocratique du Congo, a appelé, vendredi, à un "soutien mondial et urgent" face à la "crise humanitaire" causée par l'exode de près de 400 000 Congolais par peur d'une nouvelle éruption.

Le président rwandais Paul Kagame, "très préoccupé" par la situation en République démocratique du Congo, a appelé, vendredi 28 mai, à un "soutien mondial et urgent" face à la "crise humanitaire" causée notamment par l'exode de centaines de milliers de Congolais, y compris vers le Rwanda, après l’évacuation "préventive" ordonnée la veille par les autorités en raison de l'éruption du volcan Nyiragongo.

Selon des chiffres des autorités de la province du Nord-Kivu, dans le nord-est de la RD Congo, vendredi, près de 400 000 personnes ont quitté Goma, la capitale de la province, après un ordre d'évacuation "préventive" et "obligatoire" diffusé la veille.

"Les gens fuient dans toutes les directions, personne ne sait où trouver refuge (...) Nous avons un grand nombre qui passent la frontière (avec le Rwanda, NDLR). Nous travaillons avec le côté congolais pour gérer la crise humanitaire qui en résulte", a déclaré Paul Kagame dans un entretien à l'AFP et France Inter, vendredi soir, à Kigali.

"Nous avons déjà besoin d'un soutien mondial et urgent pour continuer à surveiller, savoir ce qui se passe", a ajouté le chef d'État rwandais. "Il est impossible de ne pas être très préoccupé parce que certaines des choses qui se produisent ne sont sous le contrôle de personne. " soulignant des "moyens limités" sur le long terme.

Un camp rudimentaire a été monté côté rwanda, à une dizaine de kilomètres de la frontière par les autorités rwandaises et par le HCR, l'agence des Nations unies pour les réfugiés. "Quelque 3 000 réfugiés sont arrivés" dans le camps de Rugerero, a affirmé, vendredi, sous couvert d'anonymat un responsable gouvernemental, ajoutant que le décompte se poursuit.

Peur d'une nouvelle éruption

Une première éruption sans aucun signe avant-coureur avait eu lieu samedi dernier, provoquant déjà la fuite soudaine des habitants, rentrés pour beaucoup le lendemain. Deux coulées de lave s'étaient échappées des flancs du volcan, dont une est venue s'immobiliser dans les faubourgs nord-est de Goma. Au moins 32 personnes ont trouvé la mort, et entre 900 et 2 500 habitations ont été détruites.

Même si les les tremblements de terre ont baissé en nombre et en intensité, le risque d'une nouvelle éruption reste grand après celle, sans aucun signe avant-coureur, du 22 mai.

Dans un soudain exode, des dizaines de milliers de personnes ont fui Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu que surplombent les imposantes pentes noires du Nyiragongo, après un ordre d'évacuation "préventive" et "obligatoire" jeudi face aux risques d'une nouvelle éruption.

L'évacuation surprise, qui s'est faite la peur au ventre et dans le plus grand désordre, ne concernait en théorie que 10 des 18 quartiers de Goma, mais ce sont en fait la grande majorité des habitants qui ont fui sans aucune assistance sur trois principaux axes - vers la localité de Sake à l'Ouest, vers le Rwanda tout proche à l'Est, vers le Nord-Est - ainsi que par bateau sur le lac.

Toute la journée, dans la poussière, les cris et la précipitation, ces déplacés, en véhicule ou à pied, ont pris la fuite au milieu d'embouteillages s'étirant sur des kilomètres sur la route de Sake.

"Épuisés, traumatisés, assoiffés, ils sont arrivés à Sake à la recherche d'un abri sans savoir de quoi demain sera fait", a témoigné sur twitter l'ONG Médecins sans frontières (MSF).

Près de 10 000 personnes ont trouvé refuge à Bukavu, capitale du Sud-Kivu voisin sur la rive sud du lac, selon le gouverneur Theo Ngwabidje. Beaucoup sont dans des familles d'accueil.

Du magma sous la zone urbaine de Goma

Le gouvernement a "voulu préserver les populations vivant sur le parcours des (possibles) coulées de lave", prévenant que leur retour n'aurait lieu que "lorsque la menace sera totalement écartée".

Une équipe d'experts est montée jeudi au sommet du volcan, sur les bords du cratère, "pour évaluer les risques et les mesures à prendre". Les autorités ont mis en avant "la présence de magma sous la zone urbaine de Goma, avec une extension sous le lac Kivu", avec la possibilité "d'une éruption à terre ou sous le lac sans aucun signe précurseur".

Les risques sont désormais de quatre types, selon les autorités : les tremblements de terre à répétition, la toxicité de l'air et de l'eau du fait des cendres dispersées dans l'atmosphère, une "éruption secondaire" avec possiblement des laves surgissant directement du sol dans la ville.

Enfin, on redoute particulièrement le "scénario catastrophe" de l'explosion d'une "poche de gaz sous le lac Kivu, du fait d'un contact avec le magma" dans une région déjà meurtrie par la violence des groupes armés.

Avec AFP

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