RD Congo : 30 condamnations à mort après des violences en marge du ramadan

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Trente accusés ont été condamnés à mort, samedi, en République démocratique du Congo, pour leur participation à des violences contre la police ayant marqué la fin du ramadan à Kinshasa. Une quarantaine de personnes avaient été interpellées et jugées en comparution immédiate.

En République démocratique du Congo, trente personnes ont été condamnées à mort, samedi 15 mai, pour leur participation jeudi dernier, à des violences contre la police dans la capitale Kinshasa.

Une quarantaine de personnes étaient jugées, vendredi, en comparution immédiate au Tribunal de grande instance de la commune de la Gombe, dans le centre de Kinshasa. Retransmis en direct à la télévision publique, le procès a duré jusqu'au petit matin samedi. Un avocat des parties civiles, Me Chief Tshipamba, a confirmé ces trente condamnations à la peine capitale.

Les charges retenues pour certains des condamnés sont : association de malfaiteurs, rébellion, coups et blessures volontaires, ainsi que tentatives de meurtre. Un prévenu a été condamné à cinq ans de prison pour rébellion, et cinq autres ont été acquittés, tandis que le tribunal s'est déclaré incompétent concernant le cas de plusieurs mineurs.

Régulièrement prononcée, notamment dans les affaires impliquant les groupes armés dans l'est du pays, la peine capitale n'est plus appliquée en RD Congo depuis un moratoire décidé en 2003, et systématiquement commuée en condamnation à la perpétuité.

Deux factions rivales

Jeudi, de violents heurts, dont les images ont largement circulé sur les réseaux sociaux, avaient éclaté entre fidèles musulmans se disputant l'accès au stade des Martyrs, le grand stade de la capitale congolaise, pour y organiser la prière officielle de clôture du ramadan. Les protestataires s'en étaient pris en particulier à la police présente sur les lieux pour encadrer la cérémonie.

Un premier bilan officiel fait état d'un policier tué, d’une policière entre la vie et la mort et de 46 autres policiers blessés, dont huit dans un état critique. Une dizaine de véhicules de la police ont été endommagés, dont l'un complètement incendié.

La communauté islamique de RD Congo, qui représente 10 % de la population, connaît une crise de succession depuis quelques années entre les deux factions rivales au sein de l'unique association représentant les fidèles, la Comico (Communauté islamique du Congo).

L'affaire a été portée devant les tribunaux, mais aucune décision judiciaire définitive n'a été rendue. Depuis, les tensions sont récurrentes entre les deux groupes.

Avec AFP