RB Salzbourg, la surprise de l’année ?

LIGUE EUROPA – Alors que le Stade Vélodrome sera à guichets fermés, ce jeudi, pour la réception du RB Salzbourg, le club autrichien vit la saison la plus paradoxale de sa récente histoire, coincé entre une restriction financière orchestrée depuis plusieurs années et une campagne européenne réussie que personne n’attendait.

RB Salzbourg, la surprise de l’année ? (photo AFP)

Même si le RBS n’est pas encore officiellement champion national, ses 11 points d’avance à cinq journées de la fin ne laissent présager aucun doute sur l’issue du championnat et la quête d’un neuvième titre en douze ans, le sixième de suite. Une hégémonie domestique contrebalancée par des échecs cuisants lors des phases qualificatives pour la lucrative Ligue des Champions : une forme de “gimmick footballistique” du mois d’août.

“Je ne me vois pas dans l’avenir comme un coach-formateur”

Le 15 juin 2015, après un an d’activité seulement, l’entraîneur autrichien, Adi Hütter, rendait son tablier couronné d’un doublé coupe-championnat. Son choix est alors explicable au vu de ses aspirations légitimes : “Ce sera aussi comme cela dans l’avenir, les meilleurs joueurs sont amenés à quitter le club”, avant d’ajouter : “La voie est déjà toute tracée. Mais ce chemin, je ne veux pas le prendre car j’ai des ambitions personnelles qui sont un peu différentes”.

L’actuel coach des Young Boys de Berne pointait du doigt la politique du RBS et son “trading” permanent de joueurs. A son arrivée, il avait subi le départ de Mané (Southampton), puis ceux de Kampl (Dortmund) et Alan (Chine) lors du mercato hivernal. Ses successeurs verront les transferts d’actifs entre Salzbourg et Leipzig s’accélérer et se multiplier. Le club allemand, devenu prioritaire dans la stratégie Red Bull, a l’avantage d’évoluer dans une Bundesliga aux droits TV autrement plus conséquents qu’en Autriche. A charge à la “pouponnière” du FC Liefering -en 2Liga- de compenser. On ne s’étonnera donc pas qu’un Oscar Garcia décide, à son tour, de quitter le navire devant ce sempiternel remodelage de l’effectif, avant de s’engager avec l’ASSE.

Au nom de la “Rose”

Si cette politique d’affaiblissement sportif, année après année, faisait poindre le risque ultime d’un club “coquille vide”, il était communément admis et accepté que la domination du RBS sur le football autrichien ne serait plus systématique. Une nouvelle configuration permettant surtout aux deux clubs viennois, le Rapid et l’Austria, de redorer leur blason.

Pourtant, le football, comme la nature, a horreur du vide. Et les jeunes continuent de pousser très fort pour maintenir le club au top. Et l’entraîneur allemand Marco Rose passe lui aussi le cap du professionnalisme à vitesse grand “V” après avoir conquis à la surprise générale l’UEFA Youth League en 2017 avec une équipe fidèle à une stratégie de jeu – le 4-4-2 estampillé Red Bull – qui a permis au RBS de “marcher” littéralement sur le Borussia Dortmund au Signal Iduna Park (2-1). Sans oublier qu’on n’élimine jamais un club espagnol ou italien par hasard.

On aimerait se dire qu’un remake de l’opposition contre Leipzig est envisageable à l’aune de l’ADN des deux formations, du manque d’expérience ou des fébrilités défensives de l’adversaire. On le souhaite mais l’équation paraît trop simpliste.

Polo Breitner

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