Raymond Poulidor : premier dans le cœur des Français

Une accolade avec Julian Alaphilippe. C'était sa dernière apparition sur le Tour, à l'été 2018. Raymond Poulidor n'aurait raté ça pour rien au monde. Le Tour de France, c'était sa famille, sa passion. Une course de légendes où il a créé la sienne : celle de l'éternel second, née sur les pentes du puy de Dôme, durant l'été 1964, dans un duel d'exception avec Jacques Anquetil. Ce jour-là, Raymond Poulidor reprend 42 secondes au maillot jaune, mais termine finalement 2e à Paris sur le podium final. La malédiction est en marche. Champion d'exception, on a oublié ses 189 victoires pour ne retenir que les huit places d'honneur sur la Grande Boucle. En 1977, à 41 ans, il raccroche le vélo.

Confronté à Jacques Anquetil et Eddy Merckx Fils d'agriculteur, quatrième de la fratrie, il découvre le vélo sur les routes de la Creuse, puis de la Vienne. Cette passion ne le lâchera plus. Il devient professionnel dès 1960. Bien sûr, il y a eu les chutes, comme en 1968, et la malchance des crevaisons. Mais surtout, deux monstres vont se mettre en travers de sa route : Jacques Anquetil, qui lui fera essayer le fameux maillot jaune, et Eddy Merckx, aujourd'hui endeuillé. Dans le peloton, "Poupou" arrivait même à impressionner les jeunes champions en devenir. À 83 ans, Raymond Poulidor ne pourra pas assister cet été au passage de la Grande Boucle dans le village où il habitait, Saint-Léonard-de-Noblat, en Haute-Vienne.