Rave-party à Redon : la préfecture aurait empêché les pompiers de porter secours aux blessés

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Au cours de l'évacuation de la rave-party, les gendarmes auraient bloqué l'accès aux pompiers venus secourir les blessés. (Photo : LOIC VENANCE/AFP via Getty Images)

Plusieurs pompiers d'Ille-et-Vilaine accusent la préfecture de les avoir bloqués à l'entrée du site de la rave-party de Redon, alors que plusieurs personnes blessées par les forces de l'ordre nécessitaient des soins urgents.

De graves accusations. À la suite de la violente évacuation de la rave-party non autorisée organisée à Redon les 18 et 19 juin dernier, plusieurs personnes ont été blessées du côté des gendarmes comme de celui des "teufeurs", l'un d'entre eux ayant même perdu une main, très probablement arrachée par une grenade

Peu à peu, certains éléments lèvent le voile sur le déchaînement délibéré de violence qui s'est abattu ce week-end-là sur les personnes venues participer à la "free party" en hommage à Steve Maia Caniço. Après la spectaculaire manifestation devant la sous-préfecture de Redon, qui avait mis en évidence le très grand nombre de grenades utilisées par les forces de l'ordre, ce sont maintenant des témoignages de pompiers qui mettent en cause la stratégie de la préfecture.

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Une évacuation organisée au mépris des plus élémentaires règles de sécurité

Dans un article publié ce mercredi par Mediapart, plusieurs pompiers affirment ainsi que la préfecture a non seulement mené cette opération d'évacuation au mépris des plus élémentaires mesures de sécurité, mais aussi et surtout empêché les secouristes d'accéder au site pour venir en aide aux blessés dans la soirée du 18 juin.

"À partir de minuit, nous avons commencé à recevoir de nombreux appels de jeunes qui étaient sous les tirs de grenades lacrymogènes. Certains étaient pris de panique, d’autres suffoquaient", relate un soldat du feu, cité par Mediapart. "Nous suivions ce qu’il se passait sur les réseaux sociaux, précise un autre pompier. Cela en dit long sur notre absence d’information."

"Quand il s’agissait d’aller chercher des gendarmes blessés, il n’y avait pas de problème"

Une équipe est cependant envoyée sur place, mais va être confronté au refus des forces de l'ordre de la laisser accéder au site. Selon Mediapart, la préfecture prétexte en effet "qu’aucun plan d’évacuation des blessés n’a été anticipé, et que l’accès au site n’est donc pas sécurisé pour les pompiers".

Un argument difficile à entendre pour ces derniers, sachant que cette interdiction d'accès a finalement été à géométrie variable, en fonction de l'identité des blessés. "Quand il s’agissait d’aller chercher des gendarmes blessés à l’intérieur, il n’y avait pas de problème, d’autres gendarmes nous escortaient", affirme ainsi un secouriste.

"J’ai honte d’être pompier"

C'est dans cette ambiance sinistre que les pompiers ont reçu, vers 2h45, un appel à propos d'un "blessé main arrachée par grenade". Le camion des pompiers tente alors une nouvelle fois de pénétrer sur le site pour gérer cette "urgence vitale", mais les gendarmes restent inflexibles et le véhicule reste, selon Mediapart, "immobilisé sur un rond-point".

"J’ai honte d’être pompier, témoigne l'un des secouristes présent ce soir-là. Un jeune risquait de mourir. Nous le savions. Mais nous ne pouvions pas intervenir." C'est finalement grâce à l'intervention de secouristes amateurs que le jeune homme grièvement blessé à la main sera transporté à l'hôpital, où sa vie sera sauvée. Les pompiers eux, devront attendre le lendemain, 19 juin, vers 18h, pour être autorisés à entrer sur le site et à exercer leur mission.

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