Les ravages du “racisme linguistique”

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Sender Dovchin est professeure associée et directrice de recherche à l’École de l’éducation de l’université Curtin, en Australie. Elle mène également des recherches sur l’entrée dans la vie professionnelle et sur les questions de langues et de discriminations. Elle a justement lancé une grande étude sur la discrimination linguistique après le suicide de Zhikai Liu, étudiant chinois à l’université de Melbourne, en 2016, trois mois seulement après son arrivée en Australie. Selon les autorités, le jeune homme avait des idées suicidaires et présentait des symptômes dépressifs en raison “des barrières linguistiques” et de ses “difficultés d’étudier à l’université”.

L’universitaire présente aujourd’hui les résultats de son enquête au Times Higher Education et fait le lien direct entre la détresse psychologique et le “racisme linguistique”. Elle explique que “le racisme linguistique peut être à la fois manifeste et caché. Le racisme linguistique manifeste fait référence à des actes et à des infractions directs ou explicites, verbaux et non verbaux, tels que le langage désobligeant, le discours de haine, la violence verbale ou physique et les injures”. Elle donne l’exemple d’étudiantes d’Europe de l’Est venues en Australie qui se voient sexualisées et rabaissées en raison de leur accent. Il existe aussi un “racisme linguistique caché”, qui est “une subordination indirecte et subtile des utilisateurs de langues basée sur leur utilisation de certaines langues, souvent sous la forme d’exclusion sociale, de rejets interpersonnels et institutionnels et d’autres micro-agressions”. Par exemple, de nombreux étudiants asiatiques vont changer de prénom pour se montrer plus accommodants avec les Anglo-Saxons. Ces formes de racisme linguistique se traduisent souvent par un “complexe d’infériorité linguistique”, note Sender Dovchin. Ce complexe a touché la majorité des étudiants que cette dernière a interrogés.

Comment les enseignants devraient-ils réagir ?

Pour Sender Dovchin, il est tout à fait possible de limiter le racisme linguistique sur les campus si les professeurs reconnaissent son existence et mettent en valeur la diversité linguistique dans la salle de classe. Voici quatre conseils pratiques à destination des enseignants :

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