Pour se rassurer, les écureuils écoutent le chant des oiseaux

Chayet, Delphine
Lors de la recherche de nourriture, les écureuils font souvent une pause pour scruter brièvement les environs. / 7706624/cHesse - stock.adobe.com

Après un cri de prédateur, comme une buse, les rongeurs se rassurent plus rapidement lorsqu’ils sont exposés aux bavardages des oiseaux. Ce comportement, probablement adaptatif, est un exemple d’interaction entre les espèces.

Dans les forêts d’Amérique du Nord, un silence glaçant accueille le cri de la buse à queue rousse. Écureuils et geais bleus se figent au son du rapace. «Chez les petits rongeurs, le stress se traduit par une augmentation des signes de vigilance - regarder vers le haut, pousser de petits cris, fuir ou au contraire se figer», décrit Benoît Pisanu, chercheur en écologie associé au Muséum national d’Histoire naturelle. Les oiseaux, eux, mettent fin à leurs bavardages.

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Une étude publiée le 4 septembre par des chercheurs de l’Ohio dans la revue en ligne Plos One montre que le bruit des uns a une incidence sur le comportement des autres: les écureuils sont attentifs au chant des oiseaux, qu’ils savent interpréter comme un gage de sécurité. Les petits mammifères retournent plus volontiers à leurs activités quand les babillages rassurants reprennent.

Les scientifiques connaissent bien ces phénomènes d’interactions entre les espèces. Ainsi les troupeaux d’antilopes en Afrique, dont les fesses blanches indiquent aux autres espèces la direction à suivre en cas d’attaque de prédateur. Ou les mouflons qui se tiennent aux aguets quand ils entendent les cris stridents des sternes. Ou encore certains poissons qui répondent à des alarmes chimiques émises par d’autres espèces. «Les animaux se fient à tous les signes visuels, sonores ou olfactifs disponibles dans leur environnement», souligne Benoît Pisanu.

Comportement adaptatif

Mais l’équipe d’Oberlin College dans l’Ohio (États-Unis), a voulu le vérifier chez les écureuils gris (Sciurus carolinensis), qui n’ont pas de relations écologiques étroites avec les geais bleus. Les chercheurs ont enregistré le cri du prédateur, ici la buse à queue rousse, suivi (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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