Rassemblement national : avec le départ de Marine Le Pen de la présidence du parti, une page se tourne

© Alain ROBERT/SIPA

Depuis la création du Front national en 1972 – devenu Rassemblement national (RN) en 2017 –, la présidence du parti a été occupée sans discontinuer par un membre de la famille Le Pen, Marine succédant à son père Jean-Marie en 2011. La décision de celle-ci d’abandonner la présidence à un « non Le Pen » peut donc surprendre et interroger. Elle marque, au moins symboliquement, la fin d’une époque. Mais elle fait aussi partie d’une stratégie plus large visant à permettre à Marine Le Pen d’être élue présidente de la République lors des élections de 2027.

Il y a encore quelques mois, la légitimité et le leadership de Marine Le Pen semblaient particulièrement contestés. Cette fragilité posait la question de l’existence même de son parti et de son avenir personnel. La situation est aujourd’hui bien différente.

Une légitimité et un leadership restaurés

En parvenant à se qualifier à nouveau pour le second tour de l’élection présidentielle, en faisant oublier son débat calamiteux de l’entre-deux tours de 2017 grâce à une prestation plus aboutie lors de celui de 2022 et en obtenant finalement un score en nette amélioration comparé à son résultat de 2017 (41,45 % contre 33,9 %), Marine Le Pen est parvenue à la fois à éloigner la menace externe incarnée par Eric Zemmour et Reconquête ! et à renforcer sa mainmise sur le parti créé par son père.

Les départs de figures comme Gilbert Collard ou Nicolas Bay pour Reconquête ! et l’adhésion de Marion Maréchal à ce même mouvement lors de la campagn...


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