Rassemblement à Paris pour une jeune femme qui accuse des pompiers de viol

F.B.
·2 min de lecture
Des femmes rassemblées pour demander
Des femmes rassemblées pour demander

"Une mineure ne consent jamais": une centaine de personnes ont manifesté mercredi à Paris contre la décision de la justice de ne pas requalifier en "viol" des faits présumés d'"atteinte sexuelle" commis par des pompiers sur une mineure en 2009.

"Justice pour Julie", "stop à la culture du viol", ont scandé les militantes de plusieurs collectifs féministes, notamment les Femen ou Osez le Féminisme.

Les manifestants ont demandé l'instauration d'un âge minimum légal en dessous duquel un rapport sexuel serait présumé non consenti. "On voudrait qu'à un âge donné, il soit impossible de se questionner sur le consentement", a expliqué Suzy Rojtman, porte-parole du Collectif national pour les droits des femmes.

La manifestation a été organisée en réponse à une décision de la cour d'appel de Versailles du 12 novembre qui a rejeté la demande de Julie (prénom d'emprunt) de voir ses agresseurs présumés être jugés pour "viol".

La victime âgée de 14 ans au moment des faits

Agée de 14 ans au moment des faits, cette adolescente suivait alors un traitement médicamenteux lourd qui nécessitait de nombreuses interventions des pompiers; plus de 130 entre 2008 et 2010.

Elle avait alors eu des rapports sexuels avec environ vingt pompiers, tous âgés d'une vingtaine d'années, pour la plupart en poste à la caserne de Bourg-la-Reine (Hauts-de-Seine).

Selon la défense, Julie aurait contacté certains d'entre eux grâce aux réseaux sociaux, une version formellement contestée par la mère de l'adolescente.

"La goutte de trop"

Elle a entretenu une relation suivie avec l'un d'entre eux pendant près d'un an, mais a dénoncé des rapports non consentis, notamment un après-midi chez ce pompier qui se trouvait avec deux collègues.

Ces trois pompiers avaient été initialement mis en examen pour viol sur mineure, une infraction passible des assises, mais en juillet 2019, le juge avait finalement requalifié les faits en "atteinte sexuelle" et ordonné le renvoi de ces trois hommes en correctionnelle. Une décision confirmée en novembre par la cour d'appel de Versailles. Présente lors du rassemblement, la mère de Julie, Corinne Leriche, a rappelé que sa fille "était mineure, elle était bourrée de médicaments, en aucun cas elle n'aurait pu consentir à un acte sexuel avec trois hommes".

"C'est un permis de viol" a dénoncé la militante féministe Marguerite Stern, à l'origine du mouvement des collages contre les féminicides.

"La justice défend tellement les violeurs, ça a été la goutte de trop", a déclaré Mathilde Graboy, une manifestante de 18 ans.

Article original publié sur BFMTV.com