La plus rare et la plus chère des truffes peut désormais être cultivée dans des vergers

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La plus rare et la plus chère des truffes peut désormais être cultivée dans des vergers, annoncent des chercheurs de l’Inrae associés à un pépiniériste du sud de la France. Les trufficulteurs espèrent un nouvel essor pour leur profession.

La truffe blanche d’Italie est un champignon discret et capricieux. Il lui faut un sol poreux composé de 50% de sable, 30% de limon, 20% d’argile avec un pH élevé car la présence du calcaire lui est indispensable. Tuber magnatum exige par ailleurs beaucoup d’humidité et des températures n’excédant jamais 25°C. Enfin, son mycélium s’associe par symbiose aux chênes, saules, peupliers et charmes pour échanger carbone et sucres contre sels minéraux et cette "myccorhize" s'opère selon des règles toujours mystérieuses si bien qu'on en sait peu sur la façon dont se noue la relation entre le champignon et l'arbre. Ces conditions de vie sont rarement réunies si bien que la truffe blanche ne "pousse" que dans quelques fonds de vallées ombragées du piémont italien, des Balkans et jusqu’en Grèce. Réputée pour son parfum et son goût supérieur à la truffe noire du Périgord, le prix du tubercule ne descend jamais en dessous de 1.500 euros le kilo et peut dépasser les années de pénurie les 5.000 euros. Tous les ans, elle génère 900 millions d’euros de revenus.

"La truffe blanche n’a jamais franchi les Alpes, aussi la confirmation que nous avons réussi à la faire pousser en Nouvelle Aquitaine est une grande nouvelle", se réjouit donc Claude Murat, chercheur au sein de l'UMR "Interactions arbres-microorganismes" à de Nancy et principal auteur de l’article paru le 15 février 2021 dans la revue scientifique . Principale information de l’étude : des chênes pubescents inoculés de mycélium de truffe blanche plantés en Nouvelle Aquitaine en 2014 (le lieu reste confidentiel pour des raisons de sécurité) ont produit trois truffes en 2019 et quatre en 2020, les premières jamais récoltées en dehors de l’aire de répartition naturelle. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour les trufficulteurs ça veut dire beaucoup.

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