Même sanction pour Garrido et Quatennens? Des élus de gauche s'insurgent, Panot leur répond

"Honte". Le mot est employé par des élus de gauche ce mardi sur X (ex-Twitter), pour dénoncer la mise en retrait prononcée par le groupe parlementaire La France insoumise quelques heures plus tôt à l'encontre de Raquel Garrido, dans le contexte de tensions grandissantes entre la direction du parti et l'élue de Seine-Saint-Denis.

La députée ne pourra "plus être oratrice au nom du groupe dans les travaux parlementaires pour une durée de quatre mois", a précisé le groupe LFI à l'Assemblée nationale dans un communiqué. Depuis plusieurs semaines, Raquel Garrido n'hésite pas à critiquer ouvertement Jean-Luc Mélenchon ou à marquer sa différence sur le Hamas.

"Démocratie"

Plusieurs insoumis, rangés comme elle chez les "frondeurs" depuis qu'ils n'ont pas été retenus dans la direction du mouvement en décembre, déplorent la méthode. "On ne règle pas des divergences politiques par des sanctions bureaucratiques", s'indigne Clémentine Autain sur France Inter, quand Alexis Corbière exprime un avis similaire sur X, écrivant:

"L'homogénéité et la cohérence sont toujours le fruit de la libre discussion et de la démocratie."

"Raquel Garrido est en désaccord sur l'absence de démocratie dans la France insoumise. Et comment notre mouvement, qui prône la VIème République, lui répond ? Non par un débat, mais par une sanction", déplore également François Ruffin.

Des critiques sont également exprimées en raison de la durée de la sanction, identique à celle prononcée contre Adrien Quatennens. Condamné pour violences conjugales, le député du Nord avait été suspendu du groupe en décembre, avant de faire son retour en avril.

"Une sanction disciplinaire pour 'régler' des désaccords politiques? Et la même que contre celui qui a été condamné pour violences conjugales?", s'est ainsi indignée la députée LFI Danielle Simonnet sur X, avant de marteler: "Insoumis.es n'acceptez pas cela".

"Patriarcat"

Même son de cloche chez sa collègue Sandrine Rousseau. "Sérieux LFI?", interroge l'écologiste. Et de fustiger: "Les paroles des femmes sont considérées en patriarcat comme plus dangereuses que les coups des hommes." La communiste Elsa Faucillon y va aussi de son commentaire. "La honte, n'est pas de ton côté", écrit-elle à l'adresse de Raquel Garrido.

Sur France Inter, Clémentine Autain évoque les cas d'autres insoumis: Danièle Obono et Sophia Chikirou. La première a déclenché une polémique en répondant à l'affirmative à la question de savoir si le Hamas était un "mouvement de résistance".

La seconde est mise en cause aussi bien pour son rôle dans la campagne présidentielle 2017 de Jean-Luc Mélenchon que pour ses méthodes de gestion. Relevant que Danièle Obono a tenu des propos "qui ne sont pas en correspondance avec la position du groupe" et que Sophia Chikirou "méritait au moins d'être entendue" par les insoumis, Clémentine Autain dénonce un "deux poids deux mesures qui est absolument injuste".

"Faux"

La riposte ne s'est pas faite attendre. "Je voudrais m'insurger contre deux choses fausses qui sont dites", répond Mathilde Panot, cheffe des députés insoumis et proche de Jean-Luc Mélenchon, ce mardi matin lors de la conférence de presse du groupe.

D'abord, Adrien Quatennens a "été exclu du groupe parlementaire pendant quatre mois", tandis que Raquel Garrido "continue d'être membre du groupe", peut participer à "ses réunions" et "porter des amendements", précise la députée du Val-de-Marne.

Néanmoins, en étant plus "oratrice du groupe", Raquel Garrido ne pourra plus poser des "questions au gouvernement" ou s'exprimer lors des discussions générales ou des explications de vote.

Ensuite, "il est faux de dire que madame Garrido aurait été sanctionnée pour avoir critiqué ou justre exprimé ses idées", poursuit Mathilde Panot. Au contraire, elle l'a été pour des "accumulations d'agissements et de propos répétés qui nuisent au bon fonctionnement du groupe", estime-t-elle.

Et de citer "la diffusion de fausses informations dans la presse", ou "la mise en cause et le dénigrement ad hominem de plusieurs membres du groupe".

Article original publié sur BFMTV.com