Raquel Garrido et Alexis Corbière portent plainte pour "menaces de mort" après une vidéo de militants pro-Zemmour

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Raquel Garrido le 23 juin dernier devant le Tribunal de Paris pour soutenir Danièle Obono dans son procès contre Valeurs actuelles - Bertrand GUAY / AFP
Raquel Garrido le 23 juin dernier devant le Tribunal de Paris pour soutenir Danièle Obono dans son procès contre Valeurs actuelles - Bertrand GUAY / AFP

Lors d'une conférence de presse ce mercredi, le député Alexis Corbière et la conseillère régionale d'Île-de-France Raquel Garrido ont annoncé avoir déposé plainte contre les auteurs de vidéos publiées sur les réseaux sociaux pour "menace de mort et provocation à la commission d’un crime".

En cause, des extraits vidéo dans lesquels on voit un jeune homme s'exercer au tir et expliquer "s'entraîner à chasser du Garrido sauvage" avant de faire feu puis de tirer une seconde fois en évoquant son mari, Alexis Corbière.

Des vidéos violentes

Dans la même séquence, l'individu s'imagine ouvertement tirer sur "des antifas et des gauchistes", ainsi que sur des personnes d'origine maghrébine.

Dans une seconde vidéo, on voit un autre jeune homme arborer une casquette "Ben voyons", une expression souvent utilisée par le polémiste, tirer avec un fusil à lunettes. "Ben voyons les amis, on va éclater qui là ? Du jeune gaucho, du jeune communiste, du jeune bougnoule mental", avance-t-il.

Raquel Garrido explique avoir découvert ces vidéos sur le compte Twitter du groupe antifasciste Jeune Garde, ce lundi.

"Il nous a semblé important de réagir pour ne pas laisser l’impression qu’on banalise ce qui ressort d’une menace de mort et d’une incitation à la provocation et à la commission d’un crime", a expliqué la militante qui a choisi de prendre la parole avec son époux dans un bar antifasciste de Marseille.

"Quelqu'un qui parle à visage découvert en France aujourd'hui, je ne peux pas comprendre qu'il soit encore libre. (...) Forcément, à la maison il y a des gens qui ont reconnu ces personnes. Forcément, il y a des gens qui savent qui c'est. Je ne comprends pas qu'on n'ait pas d'informations sur la mise en mouvement des autorités de police. Il me semble que le signal de l'état de droit devrait être très clair", a regretté l'élue. Une enquête a depuis été ouverte par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne.

Corbière appelle Zemmour à condamner ces actes

Alexis Corbière a également expliqué avoir échangé avec Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur. "Il y a des candidats d'extrême droite et nous nous opposons à leurs idées de façon politique. Mais il y a, en coulisse si je puis dire, une manière de fonctionner de la part de toute une mouvance qui accompagne certains candidats et en l'occurrence le candidat Éric Zemmour et qui vise à intimider quiconque a une parole opposée à eux", a encore avancé le député LFI.

Le polémiste "doit condamner clairement la vidéo qui nous menace de mort et indiquer à toute une mouvance (...) que ce type de comportement est intolérable", a jugé le parlementaire.

Des enquêtes de Libération et de Mediapart ont révélé que les deux tireurs affichaient leur soutien aux idées du candidat et que l’un d’eux était présent à son meeting du 5 décembre, à Villepinte.

Des vidéos liées à une émission de Cyril Hanouna pour les élus

Pour les deux élus, ces deux vidéos s'expliquent par "un contexte politique très facilement identifiable", liée à la candidature d'Éric Zemmour. Alexis Corbière a participé jeudi dernier à l'émission Face à Baba sur C8. Alors que le député a débattu de façon vive avec le candidat, les échanges sont encore montés d'un ton lors d'un accrochage en plateau avec Stanislas Rigault, le président de Génération Z, le mouvement de jeunesse des partisans du polémiste.

Après l'émission, un violent échange a opposé Raquel Garrido au jeune homme. Dans une vidéo diffusée sur Twitter puis CNEWS, on y voit l'insoumise insulter le militant.

"Depuis cette diffusion, cela fait quatre jours que nous subissons une sorte de harcèlement", a expliqué le député lors de sa conférence de presse

Des polémiques qui s'enchaînent

Ce n'est pas la première fois que des sympathisants du candidat font polémique. Plusieurs membres de la Famille gallicane, un groupuscule d'extrême droite, avaient diffusé sur une boucle Telegram des vidéos les mettant en scène en train de tirer sur des caricatures racistes, comme l'a révélé le média en ligne StreetPress. "Ils ont immédiatement été dégagés de Génération Z", a assuré Stanislas Rigault après ces révélations.

Le youtubeur Papacito, qui soutient la candidature de l'ancien journaliste du Figaro, est également visé par une enquête. Il a publié sur sa chaîne YouTube une vidéo mettant en scène la mise à mort d'un électeur insoumis.

Article original publié sur BFMTV.com

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