Un rapport parlementaire esquisse de premières pistes pour lutter contre les stéréotypes de genre

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Une école de Quimper le 2 septembre 2021  - Fred TANNEAU © 2019 AFP
Une école de Quimper le 2 septembre 2021 - Fred TANNEAU © 2019 AFP

Des garçons casse-cou et matheux, des filles vulnérables et littéraires: les stéréotypes de genre doivent être déconstruits dès le plus jeune âge, plaide un rapport parlementaire adopté mercredi, qui préconise des quotas pour augmenter la part d'hommes dans les métiers de la petite enfance ou de jeunes filles dans les formations scientifiques.

La lutte contre ces "représentations erronées", qui s'enracinent très tôt, est d'autant plus nécessaire qu'elles alimentent plus tard les inégalités et les violences contre les femmes, soulignent les rapporteurs, Gaël Le Bohec (LREM) et Karine Lebon (PCF).

Une proposition de quotas pour les spécialités au lycée

Pour contrer l'idée, intégrée très tôt par les tout-petits, que le rôle "naturel" des femmes est de s'occuper des enfants, il faut favoriser davantage de mixité parmi les professionnels des crèches, une profession actuellement presqu'exclusivement féminine, affirment les députés, dont le rapport a été adopté par la délégation aux Droits des femmes de l'Assemblée nationale.

Pour ce faire, ils proposent d'instaurer d'ici 2030 un quota de 40% du "sexe le moins représenté" dans les formations menant à ces professions. Il faut aussi augmenter les rémunérations dans ce secteur car les revenus trop bas ont "de quoi freiner un peu plus les vocations masculines, dans une société où le revenu du père est encore très souvent perçu comme le salaire principal", notent-ils.

Plus tard, les stéréotypes jouent encore un grand rôle dans l'orientation scolaire: en terminale, la part de filles n'atteint que 13% dans les spécialités "numérique et sciences informatiques" ou "sciences de l'ingénieur", 33% en classe prépa scientifique, mais 74% en prépa littéraire. Là aussi, les rapporteurs proposent donc d'instaurer des quotas, pour atteindre d'ici cinq ans une proportion d'au moins 40% de l'un des sexes dans toutes les spécialités proposées au lycée, ainsi que dans les classes prépa et les écoles d'ingénieur.

Un module de sensibilisation aux stéréotypes de genre

Le ministère de l'Education devrait donner un coup de pouce financier pour permettre aux écoles de renouveler leurs stocks de manuels scolaires parfois vieillissants, où les "biais de genre" sont encore trop présents, estiment les rapporteurs: même dans les ouvrages destinés à l'apprentissage de la lecture en CP, "70% des personnages qui font la cuisine et le ménage sont des femmes".

Tous les enseignants devraient bénéficier d'un module de sensibilisation aux stéréotypes de genre, dans leur formation initiale comme continue, proposent les rapporteurs.

Les deux députés recommandent également de créer un "baromètre annuel" qui, sur la base des consultations menées chaque année par l'Unicef auprès des 6-18 ans, traduirait "le ressenti et les attentes des enfants eux-mêmes", qui sont "encore trop nombreux à constater et à vivre dans un environnement inégalitaire".

Article original publié sur BFMTV.com

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