Rapport sur les cold cases : "En France, la justice fonctionne encore avec les méthodes du XIXe siècle", déplore l'avocat Didier Seban

franceinfo
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"En France, on n'a pas vraiment de mémoire criminelle", déplore dimanche 28 mars sur franceinfo Me Didier Seban, avocat d'Eric Mouzin, père d’Estelle Mouzin, et membre du groupe de travail qui a remis un rapport à la Chancellerie afin d'améliorer le traitement judiciaire des affaires non résolues, aussi appelées "cold cases". "Les grandes pistes, c'est d'abord d'imposer une liste des crimes non élucidés dans chaque tribunal", a expliqué l'avocat, pour qui la France possède "une justice qui fonctionne encore avec les méthodes du XIXe siècle."

franceinfo : Quel est l'enjeu de cette réflexion ?

Me Didier Seban : En France, on n'a pas vraiment de mémoire criminelle. C'est-à- dire que quand un crime a lieu et que l'affaire est classée, les parquets et les tribunaux n'en gardent pas la mémoire et ne sont pas capables de vous donner la liste des crimes non élucidés. Donc, c'est déjà le premier sujet. On a trop de dossiers, quelquefois une centaine par an, qui ne sont plus dans les radars quand ils sortent de l'enquête initiale. Et puis deuxièmement, nos tribunaux fonctionnent un peu en tuyaux d'orgue, c'est-à-dire qu'un juge ne va pas parler à un autre juge. Les affaires ne vont pas être mises en parallèle. C'est pourtant comme ça que très souvent, on arrive à arrêter les tueurs en série. Nous souhaitons que ces dossiers soient rassemblés entre les mains de juges spécialisés qui pourront conserver la mémoire de ces cold cases.

Quelles sont les grandes pistes que vous mettez sur (...)

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