Selon ce rapport, ces fruits contiendraient beaucoup de pesticides

La contamination aux pesticides a augmenté ces dernières années (Getty Images/Westend61) (Getty Images/Westend61)

Un nouveau rapport pointe la présence importante de pesticides dans certains fruits. Des chiffres en augmentation ces dernières années.

Les fruits d’automne contiennent-ils trop de pesticides ? Selon un nouveau rapport publié par Pesticide Action Network (Pan) Europe le 27 septembre, les fruits d’automne sont contaminés par des pesticides. Fait encore plus grave, ces derniers feraient partie des catégories les plus dangereuses : les pesticides candidats à la substitution (C.à.S).

Pour dresser ce constat alarmant, le rapport a utilisé les données de 44 137 échantillons de fruits frais, tous testés pendant neuf ans entre 2011 et 2020. Et les niveaux de contamination rapportés sont inquiétants. D'après ce rapport, des taux élevés ont été relevés dans 49 % de poires européennes, 44 % de raisins de table, 34 % de pommes, 29 % des prunes et 25 % des framboises.

Et sur plusieurs années, les taux de contamination de nombreux fruits n'ont cessé d'augmenter : + 111% pour les pommes entre 2011 et 2020, + 107% pour les prunes, + 33% pour le raisin de table et + 81% pour les prunes.

Des règles de substitution

"Pourquoi y a-t-il encore plus de pesticides qu’il y a 10 ans dans nos fruits ? C'est le cœur même de ce nouveau rapport. Mais ce qu’on met en évidence, c‘est que les règles exactes de la substitution sont définies dans un document de guidance, qui n’a pas été écrit par l’Union Européenne elle-même mais par l’EPPO, une organisation qui travaille sur la protection des cultures, mais qui inclut par ailleurs dans ses groupes de travaux les mêmes industries qui commercialisent les substances sujettes à la substitution", s'alarme Salomé Roynel, responsable des campagnes sur l'évaluation des risques des pesticides de PAN Europe.

Quelles sont les pistes d'améliorations données par ce rapport ? "Ce qui est intéressant sur ce document, c'est que le problème ne vient pas d'absence d'alternative car des alternatives chimiques comme non chimiques existent. Le problème vient donc de la façon dont on interprète les règles de la substitution. Ce que nous demandons, nous, c’est une révision indépendante des règles définies par la Commission européenne elle-même, mais également d’aller plus loin que les exigences établies en 2011. Que les substances les plus toxiques soient tout simplement éliminées d’ici 2030. Pour cela nous avons besoin d’une politique proactive".

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