Le rappeur Saman Yasin risque la mort pour son engagement

Photo Instagram @samanyasinorg

Saman Yasin est un rappeur iranien d’origine kurde. Il a été arrêté il y a trois semaines pour avoir protesté contre la mort de Mahsa Amini, décédée après sa détention par la police le 16 septembre 2022. Comme beaucoup d’autres jeunes, il attend d’être jugé. Le tribunal devrait rendre sa décision mi-novembre, explique le Guardian, et il risque la peine capitale.

Pour avoir publié des messages de soutien aux manifestants anti régime sur les réseaux sociaux et écrit plusieurs chansons de protestation, il est “accusé d’avoir mené une guerre contre Dieu”. Le quotidien britannique souligne que son cas est emblématique puis que “son sort pourrait être partagé par des milliers d’autres jeunes manifestants détenus alors que les organisations de défense des droits de l’homme préviennent que le régime pourrait déclencher une campagne sanglante de vengeance pour tenter d’étouffer protestations”.

Par ailleurs, les proches de l’artiste et certains groupes de défenses des droits humains pensent que le jeune homme a été torturé en détention. C’est aussi ce que craignent la famille et les amis de Toomaj Salehi, musicien et rappeur de 32 ans arrêté le 30 septembre. Ils ont d’ailleurs lancé le hashtag #FreeToomaj (libérez Toomaj) pour alerter l’opinion publique internationale sur son sort. Un de ses amis a expliqué au Guardian que même les avocats qui défendent les protestataires risquent d’être arrêtés. Et, début novembre, deux femmes journalistes qui ont contribué à faire connaître l’histoire de Mahsa Amini ont été accusées d’espionnage pour le compte de la CIA par les autorités iraniennes et risquent elles aussi la peine de mort.

Selon Javaid Rehman, le rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits humains en Iran, plus de 14 000 personnes ont été arrêtées au cours de six dernières semaines. Et “les autorités iraniennes ont annoncé plus tôt cette semaine qu’elles organiseraient des procès publics pour plus de 1 000 personnes arrêtées à Téhéran et un nombre similaire en dehors de la capitale”, tandis que 227 députés iraniens ont exhorté la justice à se montrer sévère à l’encontre des manifestants.

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