Le rappeur Maes condamné à dix mois de prison

Le rappeur Maes, le 14 janvier 2020 à Paris (Christophe ARCHAMBAULT)
Le rappeur Maes, le 14 janvier 2020 à Paris (Christophe ARCHAMBAULT)

Poursuivi pour des faits de violence en réunion en 2018 à la sortie d'un studio d'enregistrement parisien, le rappeur Maes a été condamné mercredi, en son absence, à 10 mois de prison et 10.000 euros d'amende par le tribunal correctionnel de Paris.

Le rappeur "donne l'impression de défier l'institution judiciaire". "C'est dommage car il aurait gagné à s'expliquer", avait souligné le procureur dans ses réquisitions en déplorant ainsi que le tribunal l'absence de Maes.

Le procureur avait requis une peine de 12 mois de prison ferme et une amende de 15.000 euros

Le procureur avait également demandé que soit émis un mandat d'arrêt à son encontre mais le tribunal ne l'a pas suivi sur ce point.

C'est la seconde fois que Maes, l'un des rappeurs français parmi les plus populaires, ne se présentait pas devant le tribunal où il devait être jugé.

"Pourquoi n'est-il pas là?", a demandé le président de la 13e chambre, Guillaume Daieff, en ouvrant l'audience.

"Je ne sais pas", a répondu son avocate, Me Diane de Condé.

L'artiste lui a fait parvenir la copie d'un "travel ban" (interdiction de voyager) émis par les autorités de Dubaï mais l'avocate a admis qu'elle n'avait pas les moyens de vérifier l'authenticité de ce document.

L'artiste de 29 ans, qui réside à Dubaï "pour le soleil" selon son avocate, aurait dû être jugé en octobre dernier mais il ne s'était déjà pas déplacé jusqu'au tribunal, obligeant la justice française à émettre un mandat d'arrêt à son encontre.

Originaire du quartier des Beaudottes à Sevran (Seine-Saint-Denis), Walid Georgey (son véritable nom) a reconnu, au cours d'une de ses auditions, avoir porté "deux coups de poing" au visage d'un homme. Mais cet homme avait "un coupe-carreau à la main", avait-il ajouté. Dans une première version, il avait affirmé que la victime avait "un cric" à la main. Mais une vidéo dément cette allégation.

En septembre 2018, peu avant minuit, l'interprète de "Blanche", accompagné d'un groupe d'amis, s'en était pris à un homme à la sortie d'un studio d'enregistrement du 19e arrondissement de Paris.

La victime, qui rentrait chez elle, avait reçu des coups de poing au visage entrainant une incapacité totale de travail (ITT) de six jours. Le rappeur avait par la suite indemnisé sa victime, qui avait retiré sa plainte.

Le parquet a néanmoins décidé de poursuivre la procédure.

Suite au premier mandat d'arrêt émis à son encontre, le rappeur a annulé un concert prévu en février à Paris, à Bercy. Le concert devrait normalement avoir lieu en décembre prochain.

Comptant près de 2 millions d'abonnés sur sa chaîne YouTube, 1,6 million d'abonnés sur son compte Instagram et près de 790.000 sur X, Maes, auteur de succès comme "Billets verts", "Avenue Montaigne" ou "Madrina", n'en est pas à ses premiers ennuis avec la justice, a rappelé le tribunal.

Il a ainsi été condamné à un an de prison en 2015 pour une affaire liée au trafic de stupéfiants.

aje/bfa/fan