Rapatriement des enfants de jihadistes: François Molins appelle à les "ramener tous"

Le procureur général près la Cour de cassation Francois Molins pose en juillet 2019 - JOEL SAGET © 2019 AFP
Le procureur général près la Cour de cassation Francois Molins pose en juillet 2019 - JOEL SAGET © 2019 AFP

"Il faut les ramener tous." François Molins, ancien procureur de la République de Paris, appelle au rapatriement de tous les enfants français de jihadistes détenus dans les camps syriens. "Ils subissent une situation dont ils ne sont pas responsables, une situation qui met en danger leur santé, leur sécurité et leur éducation", estime ce lundi matin sur RTL François Molins.

"Ils ont des droits, l’État a aujourd’hui une obligation positive qui est de les ramener puisqu’ils ont notre nationalité. Il faut les ramener tous."

La justice a "les capacités de les juger"

La semaine dernière, 35 enfants et 16 mères détenus dans les camps en Syrie depuis la chute du groupe État islamique ont été rapatriés en France. Un revirement total dans la politique du gouvernement qui jusqu'alors appliquait une gestion "au cas par cas" du retour de ces enfants.

Les enfants ont été confiés à l'aide sociale à l'enfance et les mères ont toutes été judiciarisées et incarcérées.

"Je pense que notre pays a tout à fait les moyens et les capacités de juger quelques dizaines de femmes jihadistes en plus", poursuit le magistrat.

En 2018, François Molins, qui incarne aux yeux des Français la lutte contre le terrorisme, appelait à une prise en charge spécifique pour les enfants de jihadistes, afin qu'ils ne deviennent pas des "bombes à retardement". Un terme qu'il assume encore aujourd'hui.

"J’ai évoqué ce terme de bombes à retardement à l’égard d’enfants plus âgés, des adolescents, des pré-adolescents, qui ont pu assister ou participer à des horreurs", indique-t-il, qui souhaite "sensibiliser sur le fait qu'au-delà du retour ce qui était essentiel c’est d’assurer un suivi psychologique à long terme".

La menace terroriste "toujours là"

Un travail de suivi d'autant plus nécessaire que le procureur général près de la Cour de cassation estime que la menace terroriste est toujours présente en France et en Europe. "Sur un plan géopolitique, les causes qui ont présidé à l’apparition de Daesh ou d’autres organisations n’ont pas disparu", analyse le magistrat.

"Je pense que la menace est toujours là, peut-être moins prégnante qu’en 2015 en ce qui concerne un risque d’attaque projetée mais je pense qu’il est de la responsabilité des différents acteurs dans cette matière de prendre en compte la réalité de ce danger", conclut-il.

Article original publié sur BFMTV.com

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