Un rapatrié afghan soupçonné d'être en lien avec les talibans placé sous surveillance en France

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Samedi, Gérald Darmanin a pris un arrêté à l'encontre d'un Afghan rapatrié le 18 août vers le sol français via l'aéroport d'Abou Dhabi.

Un rapatrié afghan soupçonné d'être en lien avec les talibans a été rapatrié en France via l'aéroport d'Abou Dhabi et placé sous surveillance, a-t-on appris ce lundi du ministère de l'Intérieur. Selon nos informations, un arrêté a été pris samedi par le ministère, l'homme ayant été vu en train de porter une arme dans les rues de Kaboul quelques jours avant la prise de pouvoir des talibans en Afghanistan le 15 août dernier.  

Cet arrêté précise qu'au moment de son évacuation le mercredi 18 août, cet individu se trouvait avec plusieurs autres ressortissants afghans, dont son frère. Ces derniers ont également été signalés pour leurs possibles liens avec les talibans: ils ont été vus en train de porter des armes dans les rues de Kaboul, pour l'un d'entre eux en qualité de responsable d'un checkpoint taliban à proximité de l'Ambassade de France. 

Placé à l'isolement en Seine-Saint-Denis

Pour ces raisons, le document indique qu'"il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics". Selon l'AFP, ces cinq hommes font l'objet d'une "mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance" (Micas), prévue dans le cadre des lois antiterroristes.

Il s'agit, selon nos informations, d'un individu né en 1991 qui se trouve désormais dans un hôtel de Noisy-le-Grand en Seine-Saint-Denis pour isolement sanitaire avec quatre membres de sa famille.

Il a interdiction de se déplacer en dehors de la commune de Noisy-le-Grand, mais aussi obligation de se présenter aux forces de police qui viendront s'assurer de sa présence tous les jours à 11 heures, et doit signaler tout changement d'adresse. 

"Devant les difficultés extrêmement fortes de pouvoir faire des enquêtes de sécurité sur les personnes devant être rapatriées", les autorités françaises "ont accepté d'embarquer cette personne et sa famille", explique ce lundi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à l'AFP. Et d'ajouter: "même si cette personne a très largement aidé à l'évacuation de l'ambassade de France, nous pensons qu'il peut être lié aux talibans".

L'homme reconnaît faire partie du mouvement taliban

À l'arrivé du vol à Abou Dhabi, la Direction générale de la surveillance intérieure (DGSI) "a fait le travail qu'elle n'avait pas pu faire à Kaboul" en menant des entretiens de sécurité, a-t-il expliqué. Puis son arrivé en France ce week-end, l'individu s'est vu notifier la Micas, tout comme trois de ses proches "pour l'heure non directement soupçonnés". Quant au cinquième homme, "on a vu après une enquête DGSI qu'il avait des liens avec ces personnes bien qu'étant venu séparément", a détaillé le ministre.

Selon l'arrêté pris par le ministre, cet homme a admis son appartenance au mouvement et reconnu avoir porté des armes en tant que responsable d'un barrage taliban à Kaboul. "Devant les difficultés extrêmement fortes de pouvoir faire des enquêtes de sécurité sur les personnes devant être rapatriées", les autorités françaises "ont accepté d'embarquer cette personne et sa famille", a ajouté le ministre.  

"La France est humaine, mais elle est aussi vigilante"

"La France est humaine, mais elle est aussi vigilante", a encore réagi Gérald Darmanin sur Twitter lundi après-midi. "Dans la gestion de la crise afghane, le gouvernement continuera de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité les Français, comme cela a été le cas ce week-end". 

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À BFMTV, le Quai d'Orsay assure qu'un processus de vérification est mis en place à l'aéroport d'Abou Dhabi pour les quelque "2000 personnes" qui sont évacuées de Kaboul "depuis plus d'une semaine": à savoir une fouille sécuritaire des bagages, des vérifications visant à "garantir la sécurité nationale", une procédure accélérée de délivrance de visas, un accompagnement matériel et administratif de la demande d'asile, en lien avec les opérateurs habituels. Enfin, des tests Covid sont systématiquement réalisés sur les personnes rapatriées, en attendant une mise en quarantaine stricte de 10 jours à l'arrivée en France (l'Afghanistan se trouve sur la liste rouge des pays à haut risque en terme d'épidémie de Covid-19).

"Je n'ai pas eu d'autres remontées de la DGSI" quant à d'autres ressortissants pouvant être concernés par de telles mesures, a ajouté le ministre de l'Intérieur à l'Agence France Presse. "Cependant nous sommes extrêmement attentifs".

Article original publié sur BFMTV.com

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