Rap français Nostalgiques vs amnésiques

Libération.fr

Fêtant sur scène les 20 ans de plusieurs albums phares, les vétérans stars du genre ravivent la mémoire de leurs faits d’armes, dans l’indifférence de la jeune garde et de ses fans. Une incompréhension tant musicale que générationnelle.

Dans le rap, les années comptent-elles double ? Alors que le genre entre à peine dans sa quatrième décennie en France, les têtes d’affiche des années 90 bénies apparaissent lointaines, momifiées : au-delà d’IAM et de NTM, qui se souvient de Fabe, KDD, Busta Flex ? De quoi donner au rap des airs de musique amnésique où, passé 40 ans et une paire d’albums, on est condamné à l’indifférence ou, au mieux, à l’adulation fanée de ceux qui ont connu le XXe siècle. A peu près l’inverse, en somme, du rock, voire de la pop tout entière, musique fétichiste carburant par essence à la nostalgie. «Si tu veux faire du rock, ou du reggae, tu dois apprendre à jouer les chansons des aînés avant de faire les tiennes. Dans le rap, tu n’as pas besoin d’explorer le passé pour te lancer», constate Akhenaton, leader d’IAM, adepte d’un rap «orthodoxe» (vintage ?) dont le huitième album, Rêvolution, vient de paraître. De là s’impose l’impression que coexistent à distance deux raps français, celui des désormais vétérans et celui des jeunes. Deux écosystèmes au public propre et distinct, dont les maigres interactions cachent mal le schisme générationnel et esthétique. Chacun étant persuadé d’incarner le vrai selon des termes et une définition de l’authenticité rap qui n’appartiennent qu’à lui.

Rap «patrimoine»

Ces dernières années, à la faveur des anniversaires vingtenaires de classiques nineties, on a vu une niche se créer : le rap «patrimoine». D’abord aux Etats-Unis, où les vétérans vénérés mis hors jeu par la volatilité du game rejouent en intégralité leurs albums pionniers, de la première à la dernière piste - business model du festival itinérant Rock the Bells, lancé en 2004 autour d’une reformation du Wu-Tang Clan.

En 2017, cette tendance s’importe en France (...)

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