Ramadan sous Covid-19: quelles conséquences pour le mois de jeûne?

Clément Boutin avec AFP
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Le mois de ramadan, qui a lieu une nouvelle fois dans le contexte particulier lié à la pandémie, commencera mardi en France - LIONEL BONAVENTURE © 2019 AFP
Le mois de ramadan, qui a lieu une nouvelle fois dans le contexte particulier lié à la pandémie, commencera mardi en France - LIONEL BONAVENTURE © 2019 AFP

En 2021, comme en 2020, le ramadan, qui commence ce mardi en France, a une nouvelle fois lieu dans un contexte particulier, en raison de l'épidémie de Covid-19. Ce mois de jeûne, de prières et de partage est marqué par le contexte de la crise sanitaire et des restrictions mises en place.

Les regroupements pour l'iftar déconseillés

En raison du couvre-feu et de la fermeture des lieux de culte à 19h, il n'y a pas de "tarawih" - ces prières nocturnes spécifiques au ramadan - possibles à la mosquée.

Les autorités religieuses déconseillent également fortement de se regrouper au-delà du foyer ou entre voisins au moment de l'"iftar", le repas quotidien de rupture du jeûne, alors que c'est habituellement une composante sociale, conviviale voire festive de ce mois.

"C'est le mois où on est censés être le plus ensemble, il est difficile de se dire que l'on ne va pas pouvoir se voir autant", a déploré un fidèle de la Grande Mosquée de Paris sur BFMTV.

Des prières en live

Chems-Eddine Hafiz, son recteur, compte de fait cette année sur les réseaux sociaux.

"J'ai demandé cette année à ce que des imams fassent ensemble en live la prière, ce qui permettra aux fidèles de la suivre en famille à partir de chez eux", a-t-il expliqué sur notre antenne.

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La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non-pratiquants, selon plusieurs études sur le sujet (Pew Research Center, institut Montaigne, Insee, Ined), ce qui fait de l'islam la deuxième religion du pays et de la communauté musulmane française la première en Europe.

Durant le ramadan, un des piliers de l'islam, les croyants sont invités à s'abstenir de boire, de manger, de fumer et d'avoir des relations sexuelles, de l'aube - dès que l'on peut "distinguer un fil blanc d'un fil noir" dit le Coran - jusqu'au coucher du soleil.

Le jeûne est prescrit aux musulmans pubères, mais des dispenses sont prévues pour les voyageurs, les malades, les personnes âgées, les femmes enceintes ou venant d'accoucher. Des compensations sont possibles pour les personnes empêchées ou dispensées (jeûne effectué ultérieurement, dons aux nécessiteux...).

Des restrictions dans les pays musulmans

Le mois de ramadan commence également ce mardi en Egypte, au Liban et en Arabie saoudite. Selon les pays, il peut débuter mercredi.

Traditionnellement une période de rassemblements, c'est aussi un mois de prières au cours duquel les musulmans convergent en nombre vers les mosquées. Mais en raison de la pandémie de Covid-19, presque tous les pays musulmans ont imposé des restrictions aux fidèles, leur demandant de prier chez eux, et ont parfois instauré des couvre-feux.

Le ramadan génère habituellement une affluence importante de fidèles musulmans venant d'Arabie saoudite et du monde entier, à La Mecque, grande ville sainte de l'islam dans l'ouest saoudien.

Le royaume a annoncé la semaine dernière que "seules les personnes immunisées" contre le coronavirus seraient autorisées à effectuer la "omra", le petit pèlerinage, et les prières dans la Grande mosquée de La Mecque. Cette mesure s'applique notamment aux personnes ayant reçu les deux doses nécessaires de vaccin et à celles ayant reçu une seule dose depuis au moins quatorze jours.

Article original publié sur BFMTV.com