Ralliements, rumeurs persistantes... Comment la majorité empoisonne la campagne LR pour les législatives

Le président des Républicains Christian Jacob à l'issue d'une conférence de presse samedi 7 mai - Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP
Le président des Républicains Christian Jacob à l'issue d'une conférence de presse samedi 7 mai - Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

C’était une crainte répandue à droite, à l’issue d’une présidentielle historiquement mauvaise: de nombreux candidats des Républicains aux législatives allaient préférer les couleurs de la majorité sortante.

Un mois après, seuls cinq ralliements sont actés, mais d’autres rapprochements ne sont pas exclus. Le point sur ceux qui ont déjà franchi le Rubicon et les autres noms qui circulent.

Ceux qui ont déjà rallié

Il a été le premier à rejoindre le camp d’Emmanuel Macron, en pleine campagne présidentielle. Ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Éric Woerth était logiquement pressenti pour être candidat à sa succession avec l’étiquette LR. Il a finalement obtenu l’investiture "Ensemble!". Comme elle s’y est engagée, son ancienne famille politique lui a trouvé un adversaire.

Proche de Christian Estrosi, la députée niçoise Marine Brenier a annoncé son départ de LR quelques jours après la victoire d’Emmanuel Macron. Elle aussi partira sous les couleurs de la majorité présidentielle. Elle affrontera le 12 juin prochain Christelle d’Intorni, une proche d’Éric Ciotti.

"Je ne pensais pas qu’il franchirait la ligne": comme d’autres, une cadre LR s’est montrée surprise samedi en découvrant le nom du candidat "Ensemble!" dans la 7è circonscription de l’Essonne… Robin Reda a estimé que sa réélection était loin d’être acquise. "Il tient bien sa circo mais il a eu peur de ne pas se retrouver au second tour" face au candidat de la majorité et à la Gauche réunie, juge un ancien membre de l’équipe de campagne de Valérie Pécresse, la mentor en politique de Mr Reda.

Le nom de la députée Constance Le Grip, lui, avait davantage circulé ces dernières semaines. Auprès de nos confrères de L’Opinion fin avril, elle avait évoqué son souhait de "ne pas être dans une opposition frontale" à Emmanuel Macron, et avait appelé à travailler avec lui.

Autre transfuge de LR, Emmanuelle Haziza, elle, vise la 6e circonscription du Rhône. La Villeurbannaise dispose de l’investiture Horizons, le parti d’Édouard Philippe.

Les épargnés

La majorité présidentielle a déjà investi 502 candidats. Mais les circonscriptions de certaines personnalités de la droite n’en sont toujours pas pourvues… De quoi relancer la machine à rumeurs.

C’est le cas par exemple de la 5è circonscription de l’Ain. Celle de Damien Abad, actuel président du groupe LR à l’Assemblée nationale. Un ténor du parti, auquel certains prêtent l’ambition de rentrer au gouvernement.

Selon nos informations, il ne devrait pas y avoir de candidat "Renaissance" face à lui. "Il y a deux options", confie un cadre de la majorité. "Soit on ne met personne, soit il est candidat sous nos couleurs".

Mais le principal intéressé n’a pas envie de franchir la ligne rouge… En tout cas pas avant le scrutin. D’autres LR pourraient bénéficier également de la bienveillance de la majorité actuelle. Officiellement pour ne pas faire gagner les extrêmes.

Richard Ferrand avait bien évoqué cette possibilité lors du lancement de la campagne de la majorité: "Il est un nombre de cas qui se comptent moins que sur les doigts d’une main, des situations où parce que les extrémistes sont outrancièrement implantés, où nous pensons qu’avoir un candidat, ce serait les renforcer, leur faciliter la vie, ce n’est pas notre objectif".

Le député des Bouches-du-Rhône Éric Diard pourrait bénéficier de cette faveur… Tout comme le député de l’Aisne Julien Dive, proche de Xavier Bertrand, dans une circonscription où le RN a réalisé de gros scores à la présidentielle.

Ce dernier balaye auprès de BFMTV tout rapprochement avec Emmanuel Macron: "Je n’ai été approché par personne. Je suis très clair, je sais d’où je viens. Je fais ma campagne sur le terrain, c’est ma priorité."

Les interrogations

Un autre député LR sortant s’agace des soupçons persistants d’accord avec la majorité présidentielle: élu de l’Indre depuis 1993, Nicolas Forissier assure à BFMTV: "Je suis fidèle à ma famille politique! J’ai participé à sa fondation (…) Je ne demande rien, il n’y a aucune négociation".

Candidat dans le Val-de-Marne, Vincent Jeanbrun s’étonne d’alimenter les bruits de couloir: "Je n’ai pas d’accord avec qui que ce soit". Ce proche de Valérie Pécresse poursuit sa campagne sur le terrain, et relativise : "La majorité a peut-être simplement des difficultés à trouver un candidat..."

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Y aura-t-il de nouveaux ralliés LR dans la dernière salve d’investitures d’"Ensemble!"? Ces dernières devraient être dévoilées dans les prochains jours. In fine, ils seraient très peu de candidats LR à bénéficier de la protection intéressée du camp présidentiel.

"Chez Macron, ils ne veulent que des affiliés tout de suite", constate un député sortant qui a vu un concurrent marcheur débarquer. "Il y a une grosse pression. C'est avec moi ou contre moi. Comme quoi, ils n'ont pas changé!"

Article original publié sur BFMTV.com

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