Il y a une raison pour laquelle les sondeurs ont tellement de mal à évaluer ce que pensent les Français d'Emmanuel Macron

Jean-Philippe Moinet
Il y a une raison pour laquelle les sondeurs ont tellement de mal à évaluer ce que pensent les Français d'Emmanuel Macron.

Et si la France n'était pas si "fragmentée" que cela? Et si les Français, sans verser dans l'illusion trompeuse de l'unité, percevaient différemment l'avenir, sans le lier à leur seul intérêt, personnel et catégoriel?

Les baromètres d'opinion se succèdent classiquement sur la perception du pouvoir politique, ses incarnations et ses décisions. Et de tous temps, depuis une trentaine d'années, une constante apparaît en surface: l'insatisfaction majoritaire des Français (hors la conjoncture des quelques moins qui suivent les présidentielles) vis-à-vis de ceux qui les gouvernent. Insatisfaction devenue structurelle donc, sur tout ce qui touche "les" politiques, avec quelques jugements variables, qui peuvent concerner les personnalités.

Mais les indicateurs "quantis" (quantitatifs) sont devenus bien insuffisants ces temps-ci pour saisir les phénomènes d'opinion, pour en caractériser la singularité et les contours. En ce qui concerne le couple exécutif, Emmanuel Macron-Edouard Philippe, les instituts ont pu mesurer une insatisfaction assez majoritaire et réelle, après l'énoncé des premières mesures du quinquennat mais une insatisfaction bien relative aussi: quand on prend en compte le caractère structurel de l'opinion française quand on l'interroge sur le pouvoir en place – rapidement et durablement, l'humeur critique des Français apparaît – mais aussi quand on constate que cette insatisfaction, qu'on peut qualifier d'affichage, masque plusieurs éléments qu'il faut aussi considérer. Le premier élément est que l'affichage critique assez spontané des Français (assez, car on sait qu'aucune question de sondeur n'apparaît spontanément en l'esprit des citoyens chaque matin) ne se traduit pas, en fait actuellement, par une déferlante de protestations explicites, diverses, et encore moins actives : les manifestations de rue, par exemple, n'ont pas été massivement suivies. Le fameux "3ème tour social" n'a pas eu lieu à l'automne, ce qui a provoqué une vraie déconvenue...

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