Racisme, sexisme et homophobie chez McDonald's : les témoignages choc des salariés d'un restaurant toulousain

Graves accusations contre six employés d'un McDonald's de la banlieue toulousaine (Photo : Denis Thaust/SOPA Images/LightRocket via Getty Images) (SOPA Images/LightRocket via Gett)

Plusieurs salariés d'un McDonald's situé dans la banlieue de Toulouse affirment avoir été les cibles d'insultes répétées de la part d'un groupe de collègues travaillant dans ce restaurant. L'une des victimes affirme même avoir été violentée physiquement.

Poussées dans leurs retranchements, les victimes ont fini par porter plainte. Au moins six employés d'un restaurant McDonald's situé à Aucamville (Haute-Garonne), parmi lesquels deux managers, sont accusés par plusieurs de leurs collègues ou anciens collègues d'avoir proféré à plusieurs reprises des insultes racistes, sexistes et/ou homophobes dans le cadre professionnel.

France Inter, qui révèle cette choquante affaire, a ainsi recueilli plusieurs témoignages édifiants de salariés pris à partie par les six employés en question, en raison de leur couleur de peau, de leur sexe, de leur religion ou de leur orientation sexuelle présumée.

"On nous a dit que ce n'était pas notre pays ici et qu'on devait retourner chez nous"

"J’ai été surnommé le ‘pédé’ du McDo du début jusqu’à la fin de mon contrat, en juin 2022", illustre ainsi un jeune homme de 17 ans embauché en septembre 2021 dans ce restaurant. Cité par France Inter, le même témoin affirme aussi avoir été la cible de propos combinant racisme et homophobie : "Un jour, on m’a clairement dit que si les nègres comme moi étaient parmi les blancs, c’était grâce aux blancs."

Une autre salariée "d'origine algérienne" explique pour sa part avoir été victime de propos déplacés de la part d'un manager, qui lui aurait lancé : "Toi, je sais que tu préfères les sexes circoncis". La même employée ajoute que ses collègues n'ont pas hésité à tenir des discours ouvertement racistes pendant la campagne présidentielle de 2022 : "On nous a dit qu’on n’avait pas notre mot à dire pour les votes, que ce n’était pas notre pays ici et qu’on devait retourner chez nous".

"J'ai été rouée de coups"

Enfin, une troisième employée de la chaîne de fast food accuse l'un de ses collègues de l'avoir violentée physiquement en septembre dernier. A l'origine de l'altercation, l'individu aurait tenté d'arracher le voile que portait la jeune femme, de confession musulmane. "J’ai été rouée de coups avec des blessures au niveau du bras gauche notamment, précise la victime présumée. Je suis restée paralysée pendant plusieurs secondes, quand il m'a arraché le voile, c'était clairement une agression islamophobe pour moi."

Le lendemain, la jeune femme a prévenu les responsables du restaurant et a été reçue par ces derniers, mais elle affirme qu'aucune sanction n'a ensuite été prise contre son agresseur. Quelques semaines plus tard, la jeune femme a obtenu un rendez-vous avec un médecin du travail, qui a constaté, selon France Inter, un "syndrome post traumatique qui ferait suite à une agression physique au travail par un collègue, et il y avait au préalable des menaces à caractère raciste".

Deux plaintes déposées

Après plusieurs alertes adressées par courrier au directeur du restaurant par les employés victimes de ces brimades répétées, sans grand résultat, cette dernière agression a été celle de trop. D'après le média radiophonique, deux salariées ont en effet décidé de porter plainte, l'une pour "discrimination" et "violence sans incapacité" et l'autre pour "agression physique et verbale".

En attendant de savoir si cette affaire débouchera sur des suites judiciaires, la direction du restaurant concerné, contactée par France Inter, a informé de la "mise à pied avant licenciement de l’auteur" de l'agression physique, ainsi que du "départ du restaurant d’un des deux managers concernés". Il n'a en revanche pas été précisé si les quatre autres employés accusés par les victimes ont continué de travailler dans ce McDonalds.

"Les faits rapportés sont d’une extrême gravité et n’ont pas leur place dans le restaurant d’Aucamville", affirme en tout cas la direction, qui a annoncé avoir fait appel à un cabinet indépendant pour enquêter et faire le point sur la situation. Du côté des victimes, une manifestation était prévue ce mercredi devant le McDonald's en question, avec le soutien du collectif McDroits.

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