Le racisme dans la police n'est que le reflet d'une société en souffrance

Aina Kuric
Des manifestants protestent genou à terre devant des policiers et gendarmes lors d'une manifestation au Champ de Mars, à Paris le 6 juin 2020, dans le cadre des manifestations mondiales

Le 25 mai dernier nous étions témoins de la mort de George Floyd, un Afro-Américain interpellé par la police pour avoir payé ses cigarettes avec un faux billet de 20 dollars. Nous étions des millions, choqués de voir cet homme qui ne se débattait pas, il était en train de mourir sous nos yeux.

Ce drame relance le débat des violences policières aux États-Unis à l’égard des Afro-Américains. Un drame qui fait écho en France avec la mort d’Adama Traoré quatre ans plus tôt.

N’assimilons pas l’action meurtrière d’un policier à l’ensemble d’une profession à travers le monde, mais n’exonérons pas notre police et notre gendarmerie de justifier les excès constatés sur le terrain, la violence verbale et physique que subissent parfois nos concitoyens. Tels les actes racistes, homophobes, sexistes et toutes formes d’agression et de discrimination. Les forces de l’ordre sont là
pour nous protéger, nous devons pouvoir leur faire confiance et non en avoir peur.

 

Le combat sera long et difficile car nous sommes les héritiers d’une histoire qui a montré que nous étions capables du pire.

 

Il est temps de mettre fin à la défiance entre nos forces de l’ordre et nos concitoyens. Cela commence par la transparence dans leur action. Équiper de caméras les véhicules et agents sur le terrain pourrait y contribuer. La publicité des sanctions à l’égard des policiers ne respectant pas la loi et leur devoir sera déterminante pour que les Français retrouvent confiance en leurs institutions. Le sentiment d’impunité des délinquants et de policiers provoque cette tension et cette division dans notre société. 

Il est aussi possible que ces excès soient à l’image de notre société, où le racisme, comme toute autre forme de discrimination, y est banalisé. Et il est bien malheureux que nous ayons dû collectivement assister à un meurtre en direct pour en prendre conscience. Serions-nous capables, en France, de nous
incliner pendant 8 minutes et 46 secondes à la mémoire de toutes les personnes mortes à la...

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