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Rachida Dati envisage de "fermer certaines écoles" d'art en France

La ministre de la Culture Rachida Dati a affirmé mardi qu'elle envisageait de "fermer certaines écoles" d'enseignement supérieur artistique en France, parmi celles qui ont le moins de moyens et de résultats.

Rachida Dati participe à une commission d'enquête parlementaire sur les affaires culturelles et l'éducation à l'Assemblée nationale à Paris le 19 mars 2024 (EMMANUEL DUNAND)
Rachida Dati participe à une commission d'enquête parlementaire sur les affaires culturelles et l'éducation à l'Assemblée nationale à Paris le 19 mars 2024 (EMMANUEL DUNAND)

Dans une introduction à une audition à l'Assemblée nationale, Mme Dati a évoqué les 99 écoles d'enseignement supérieur culturel publiques, notamment "certaines de ces écoles d'art, en particulier pour les écoles territoriales, qui sont en situation de crise, malgré l'engagement confirmé de l'État".

"Il faut cesser avec la politique des bouts de ficelle, parce que finalement ça ne résout aucun problème de fond, et c'est de l'argent public très mal dépensé. Je souhaiterais des écoles performantes, avec les mêmes chances de réussite, et la même ouverture à tous", a-t-elle affirmé.

"S'il faut fermer certaines écoles, car aujourd'hui elles n'ont plus les mêmes moyens, les moyens d'offrir un cadre de qualité, peut-être que ça peut être le cas", a ajouté la ministre.

"Il y a des instances d'évaluation pour cela. Ce n'est pas le ministre qui décide sur cet aspect-là. À ce jour le cabinet a reçu les représentants associatifs, il reçoit les syndicats, et nous allons évidemment présenter un plan global", a précisé Mme Dati.

Elle n'a pas donné d'exemple d'établissement qui pourrait être menacé.

"C'est un sujet complexe car chaque école a, finalement, des problématiques particulières. Nous sommes en train de faire une cartographie précise pour proposer une stratégie de l'enseignement supérieur, qui soit non seulement cohérente, mais qui soit ambitieuse", a rapporté la ministre.

La ministre précédente, Rima Abdul Malak, avait accordé en mars 2023 une aide d'urgence aux 33 écoles supérieures d'art territoriales, qui accueillent quelque 8.400 étudiants.

Elle avait confié une mission au directeur de l'Institut national supérieur d'enseignement artistique de Marseille Méditerranée, Pierre Oudart, sur "les défis structurels de ces écoles". Celui-ci a rendu en octobre un rapport soulignant les "marges de manœuvre inexistantes" pour des établissements aux budgets réduits à leur minimum.

Parmi les 43 écoles supérieures d'art plastiques en France, 10 sont des écoles nationales sous tutelle du ministère de la Culture, et 33 des écoles territoriales.

"Il y a une jungle des écoles. Et certaines, d'ailleurs, sont très déconnectées de la réalité, y compris des débouchés", a ensuite repris Mme Dati, interrogée sur ce sujet devant la commission des Affaires culturelles.

"Moi je ne suis pas là pour les fermer. Ce n'est pas moi qui vais dire: on va les fermer ou pas. Beaucoup dépend des collectivités territoriales", a-t-elle expliqué.

Son cabinet a ensuite rappelé à l'AFP qu'en 2023 et 2024, ces écoles avaient reçu "deux millions d'euros complémentaires" pour faire face à leurs difficultés financières.

"Le ministère fera le maximum pour éviter des fermetures, mais veut aussi se saisir avec l'ensemble des partenaires des raisons qui conduisent à ces situations", a ajouté le cabinet.

Deux tribunes publiées dans le quotidien Libération successivement en février ont interpellé Mme Dati pour qu'elle sauve ces écoles d'art.

"Celles qui dépendent du ministère de la Culture, là où mon étonnement a été grand, c'est qu'elles ne sont pas accessibles à l'alternance et à l'apprentissage. Là moi j'y tiens absolument. Et ça, pour les écoles qui dépendent du ministère de la Culture, ça sera pour septembre 2024", a par ailleurs annoncé la ministre.