Rachid Taha Le feu feulé

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Ebouriffé, à vif et jouisseur, le chanteur à la fois punk et poétique, ni d’Algérie ni de France et pionnier du mélange Occident-Orient, est mort mercredi à 59 ans d’une crise cardiaque.

«La musique de Rachid greffe la formulation et la texture du rock sur la complexité mélodique et rythmique de la musique arabe moderne. J’aime cette musique parce que c’est la voix fière et futuriste du jeune monde arabe. Quelque chose qui se dresse, comme un reniement direct aux stupides idées du choc des civilisations que Bush et Blair n’ont cessé de promouvoir. En travaillant avec Rachid, j’espère suggérer aux gens que ce soi-disant choc peut être quelque chose de fructueux et créateur.» Tel était en 2007 l’avis de Brian Eno, l’éminent producteur qui fait référence outre-Manche, comme partout ailleurs chez les mélangeurs de genres. Cela aurait dû suffire à apprécier à sa juste valeur le tranchant du rock de Taha au moins autant que son verbe haut, un parler franc et direct, une voix rauque pleine d’une vie attisée par le désir de vivre, justement, pleinement. Il était sans doute un des plus authentiques rockeurs qu’ait abrités la France depuis les années 80. A ce sujet, lui s’autodéfinissait non sans humour «soufi anarchiste», voire «Kabyle mental», en tout cas un fin lettré qui cultivait sa différence avec style.

Rachid Taha, c’était donc ça, un musicien grandi dans les années punk, toujours prompt à coller une bonne claque aux clichés ethnocentrés, aux peurs de l’autre qui lui faisaient tant de mal. Avant de devenir ce personnage de la nuit parisienne (on pouvait le croiser rue au Maire autour d’un bobun, comme le retrouver dans le XXe arrondissement, longtemps son QG, en train de prendre un verre, en tout cas jamais avant midi) qu’on avait fini par surtout croiser, souvent brisé, au Père-Lachaise (les années passent, las), il est né près d’Oran en 1958, parti du bled une dizaine d’années plus tard pour l’Alsace. L’adolescent «turbulent» passa ensuite par les Vosges avant de (...)

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