Rachel Kéké, la leader de la lutte des femmes de chambre de Batignolles élue députée

Rachel Kéké, la leader de la lutte des femmes de chambre de Batignolles élue députée

Elle se définit comme une "guerrière" et veut "faire du bruit" au palais Bourbon : porte-parole de la longue grève des femmes de chambre de l'Ibis Batignolles, Rachel Kéké a été élue dimanche députée et entend porter la voix des travailleurs "invisibles" à l'Assemblée.

Âgée de 47 ans, la Franco-Ivoirienne l'a emporté à 51,38% pour la Nupes dans la 7e circonscription du Val-de-Marne face à l'ancienne ministre des Sports Roxana Maracineanu (48,62%) qui portait les couleurs de la majorité présidentielle.

Rachel Kéké s'est fait connaître lors des 22 mois de grève des femmes de chambre de l'hôtel Ibis Batignolles à Paris, entre 2019 et 2021, lorsqu'elle s'est mobilisée face au "mépris" de la direction. La mobilisation avait réussi à tordre le bras du puissant groupe Accor, propriétaire de la chaîne. Grâce à cette mobilisation, Rachel Kéké et une vingtaine de ses collègues ont obtenu une augmentation de salaire et de meilleures conditions de travail.

"C'est un métier qui détruit le corps. Il y a des syndromes du canal carpien, des tendinites, des maux de dos...", expliquait-elle à l'AFP pendant la campagne, se souvenant encore de cette sensation, "comme si on (lui) avait donné des coups partout", après son premier jour en tant que femme de ménage, en 2003.

STEPHANE DE SAKUTIN/AFP or licensors
Des femmes de chambre de l'hôtel Ibis de Batignolles manifestant le 17 octobre 2019. - STEPHANE DE SAKUTIN/AFP or licensors

"A l'Assemblée nationale, nous avons besoin de personnes qui vivent sur le terrain, comme moi, dans des métiers invisibles, comme les nôtres. Nous sommes sous-payés et il nous est difficile de joindre les deux bouts", a-t-il déclaré dans une interview accordée à EFE, quelques jours avant le vote.

A l'Assemblée nationale, nous avons besoin de personnes qui vivent sur le terrain, comme moi, dans des métiers invisibles.

Rachel Kéké est née en 1974 dans la commune d'Abobo, au nord d'Abidjan, d'une mère vendeuse de vêtements et d'un père conducteur d'autobus. Elle est arrivée en France en 2000 et a été naturalisée en 2015.

L'autre candidat gréviste, Stéphane Ravacley, boulanger de 50 ans, n'a pas réussi à créer la surprise et a perdu face au candidat macroniste Eric Alauzet dans la 2e circonscription du Doubs. Stéphane Ravacley avait fait une grève de la faim de dix jours l'année dernière pour faire régulariser son apprenti guinéen, menacé d'expulsion.

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