Le rôle décisif d’Ankara dans les combats de Tripoli

PHOTO/ HAZEM AHMED / REUTERS

Ankara a joué un rôle dans les affrontements entre partisans des deux gouvernements rivaux des 26 et 27 août qui ont fait 32 morts, à Tripoli, la capitale de la Libye, affirme la presse turque.

Selon le média en ligne progouvernemental Trhaber, des brigades entraînées par Ankara et des drones TB2 fournis par la Turquie seraient entrés en action en soutien des hommes d’Abdel Hamid Dbeibah, le chef du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale, contre ceux de Fathi Bachagha, Premier ministre du gouvernement contesté reconnu par le Parlement libyen siégeant dans l’est du pays. Dbeibah et Bachagha sont tous deux originaires de la ville de Misrata, historiquement liée à la Turquie.

Plus largement, tout le monde s’accorde à dire que le soutien d’Ankara en termes de renseignement et de négociation aurait permis le basculement de certaines milices indécises en faveur du gouvernement de Tripoli.

Un soutien décisif

En 2020, l’intervention armée de la Turquie en soutien au gouvernement de Tripoli, alors opposé aux troupes du maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est du pays, avait permis la défaite du militaire. Depuis, Ankara a consolidé sa présence en Libye.

Les combats des 26 et 27 août étaient les pires qu’a connus Tripoli depuis deux ans. Depuis 2020, Fathi Bachagha a tenté à plusieurs reprises, jusque-là sans succès, de prendre le pouvoir par la force, afin de remplacer Abdel Hamid Dbeibah, installé à Tripoli. Ce dernier a refusé à de nombreuses reprises de céder le pouvoir jusqu’à la tenue d’élections crédibles et démocratiques. Un scrutin aurait dû avoir lieu en décembre 2021, mais il a été reporté sine die, faute d’accord sur ses modalités.

La France pointée du doigt

Dans ce contexte, la presse progouvernementale turque accuse la France de soutenir le camp de Fathi Bachagha. “La France tente de déstabiliser la Libye”, titre ainsi le quotidien nationaliste Türkiye. S’appuyant sur des sources issues des “forces de sécurité”, le journal affirme que Paris tenterait de placer Bachagha à la tête du pays, à la condition qu’il accepte, une fois au pouvoir, de revenir sur les accords diplomatiques et économiques signés avec Ankara.

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